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INTERVIEW

21/05/07 - interview

"La législation française est la première au monde à reconnaître la pertinence des nez électroniques pour le suivi environnemental"

thierry_page_odotech.JPGThierry Pagé, président directeur général et co-fondateur de la société Odotech, société québécoise spécialisée dans le développement de technologies avancées pour l'analyse et la mesure des odeurs et de la pollution atmosphérique.

Quel est le métier des ingénieurs d'Odotech ?

Chez Odotech, notre cœur de métier est tout ce qui concerne l'expertise des odeurs environnementales. Cela va donc de l'échantillonnage des odeurs à la mesure des odeurs via des olfactomètres, ainsi que des logiciels de dispersion des odeurs pour pouvoir en prédire l'impact sur le voisinage. L'outil qui réunit toutes ces données, c'est le nez électronique, l'Odowatch, qui permet , via un échantillonnage, de mesurer, de récolter des données, afin de recalculer le panache odeur en continu.

Nos produits s'adressent principalement aux sites industriels, usines d'équarrissage, centres d'enfouissement des déchets, compostières, des usines d'épuration, ou tout autre installation industrielle qui aurait des émanations d'odeurs, comme le papier, l'agroalimentaire…

Comment rendre objective une donnée aussi subjective que l'odeur ?

Pour mesurer les odeurs, il existe une norme française, la norme NF EN 13725 qui permet de quantifier les odeurs de façon objective. Lorsque l'on perçoit une odeur, on peut y déceler plusieurs informations. Son appréciation est quelque chose de très subjectif. En revanche son intensité peut-être quantifiée, on peut calculer « combien ça sent »,. On travaille en concentration odeur, c'est à dire en unité odeur par mètre cube d'air. Il y a donc un aspect objectif et subjectif. Pour les applications de nuisances environnementales , on ne retiendra que l'aspect objectif, le « combien ça sent ».

Pour faire l'étalonnage du nez électronique, on va récolter des échantillons des différentes odeurs maîtresses à suivre et on va envoyer ces échantillons au laboratoire d'olfactométrie pour quantifier le niveau d'odeur. En parallèle, les mêmes échantillons vont aussi être exposés aux nez électroniques. Il va donc pouvoir y avoir une relation qui va être établie entre les réponses des capteurs des nez électroniques et le niveau qui a été déterminé au laboratoire. C'est de cette façon que l'étalonnage est fait. La seule différence qui existe avec un équipement classique, c'est qu'on se fie à une quantification faite via un panel d'humains.

Comment sont exploitées ces données ?

Les nez électroniques sont positionnés stratégiquement sur un site, en fonction des sources d'odeurs. L'information des nez électroniques est envoyée par télémétrie à un centre de contrôle qui va fusionner l'information du nez électronique à un instant T et la donnée météorologique précise qu'il y avait au même moment sur le site, via une tour météorologique. Le système va donc pouvoir déterminer les quantités d'odeurs qui sont émises par le site et, en utilisant les données météorologiques, on va pouvoir déterminer le panache de dispersions des odeurs dans le voisinage.

Quelle est la réglementation en vigueur sur les odeurs ?

En France, il existe un arrêté dans le domaine de l'équarrissage qui fait mention de la possibilité de faire des mesures olfactométriques via les nez électroniques. En ce sens, la législation française est assez innovante puisqu'elle est la première au monde à reconnaître la pertinence des nez électroniques pour le suivi environnemental. Des adaptations secteurs par secteur vont d'ailleurs certainement être instaurées à l'avenir.

Il s'agit là d'une bonne chose pour tous les acteurs. Les odeurs sont subjectives, il faut alors objectiver le débat : quel est le niveau d'odeur auquel les gens sont exposés et à quelle fréquence ? On pourra alors établir des seuils de tolérance concrets. Il faut établir des niveaux de confort olfactif.

L'accueil des riverains ?

Dans tous les sites sur lesquels nous sommes intervenus, la démarche a été approuvée par tous. Tout d'abord, les riverains, bien sûr, pour qui il existe enfin un équipement qui va pouvoir informer les professionnels sur les nuisances occasionnées par leur activité. D'autre part, les industriels qui vont disposer de données objectives, pouvant les aider à trouver des solutions plus rapidement. La résolution du problème d'odeur nécessite deux approches simultanées : la technique et la communication. Les deux sont indissociables. La jonction entre les deux permet d'améliorer les choses.

Quelles sont les perspectives d'Odotech ?

Nous avons orienté tous nos efforts et toute notre stratégie pour fournir des équipements performants de suivi des odeurs environnementales sur les sites. Et nous focalisons toute notre expertise sur ce domaine afin de devenir les meilleurs dans ce secteur. Notre ambition est de devenir la référence mondiale des nez électroniques environnementaux.

Sur le plan mondial, nous nous félicitons du partenariat qui a été signé avec Veolia Eau, qui commercialise dans le monde entier la technologie Odowatch dans le secteur des eaux usées. C'est une belle collaboration qui nous permet d'aller vite.

> Pour en savoir + : Odotech


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