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L'énergie produite par les pompes à chaleur : une énergie renouvelable ?
Par Bernard Saunier, président de Saunier & Associés
Les énergies renouvelables font enfin, et ce à juste titre, l'objet d'une prise en considération de la part des décideurs français, notamment ceux en charge des grands investissements immobiliers publics et privés. Toutefois, les effets de mode existent toujours, avec tantôt la préférence pour la biomasse (bois), puis celle pour le solaire, ensuite pour le photo voltaïque, ceci suivant les modes d’accompagnement financier régionaux et nationaux.
Curieusement, les sources d’énergie, ayant recours à l’effet démultiplicateur des pompes à chaleur restent trop souvent oubliées dans le catalogue des solutions à comparer pour réaliser des économies d’énergie, alors qu’elles devraient être sélectionnées en priorité, compte tenu de leur pérennité et de leurs avantages. L’expérience montre que, le plus souvent, une combinaison de plusieurs solutions permet de minimiser la dépendance aux énergies fossiles dans des conditions économiques satisfaisantes.
La même fiabilité qu’un réfrigérateur
Les pompes à chaleur présentent aujourd’hui la même fiabilité que celle d’un réfrigérateur ménager utilisé pendant quinze ans. Cet appareil est couramment utilisé pour démultiplier l’énergie prélevée au-dessous du sol, à travers trois types de solutions : l’une avec la mise en place de sondes géothermiques sèches, plantées dans le sol jusqu’à cent mètres de profondeur, l’autre avec le recours au prélèvement de calories sur une eau puisée dans un aquifère avant d’y être réinjectée pour ne pas affecter sa puissance, enfin la dernière qui vient d’apparaître en France et vouée à un très grand développement, avec le prélèvement de calories sur les eaux usées véhiculées par les réseaux d’assainissement urbains.
Ces solutions présentent toutes les mêmes avantages trop souvent oubliés, ou mal évalués :absence de pollution visuelle, possibilité d’utiliser les calories prélevées à la fois pour chauffer et refroidir les bâtiments, absence de risque de dissémination de légionnelles dans l’air autour des sites d’utilisation, lorsque ces procédés sont utilisés pour la climatisation contrairement aux tours de réfrigération, fonctionnement permanent sans risque d’épuisement de la source d’énergie quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, ou quelle que soit la saison, simplicité de la mise en œuvre et du fonctionnement, retour sur investissement inférieur à 10 ans et le plus souvent à 5 ans, absence d’émission de CO2, contribution à la réduction de l’effet de serre, etc…
Nos décideurs commencent à prendre conscience de l’intérêt de ces solutions, mais il subsiste quelques freins pour un plus grand développement de ces procédés. En cela la taxe de prélèvement imposée par les agences de l’eau sur les eaux prélevées dans les aquifères, y compris pour celles utilisées uniquement pour le prélèvement de calories, fut un frein. Les auteurs de la loi sur l’eau, adoptée en fin d’année passée par le Parlement, l’ont bien compris, puisque dans une de ses dispositions, ils ont prévu l’abrogation de la taxe prélevée sur l’eau puisée en provenance des nappes pour cet usage, sous réserve de sa restitution immédiate dans l’aquifère.
De même, le côté artisanal actuel de la mise en œuvre du couple sonde géothermique – pompe à chaleur, est susceptible d’apporter quelques déboires aux maîtres d’ouvrages, insuffisamment exigeants en matière contractuelle, avec leurs installateurs trop peu souvent enclins à assumer une garantie de performances mesurables sur l’ensemble du système.
Seule une telle garantie, accordée par les professionnels expérimentés du système permettra de rassurer les maîtres d’ouvrages. Le recours à un hydrogéologue, un foreur, un thermicien et un chauffagiste rend celle-ci difficile à accorder pour des entreprises artisanales, habituées à reproduire des schémas convenus. Par ailleurs, le maître d’ouvrage doit assumer le coût de la garantie de la réduction de son risque. C’est pour cela que SAUNIER et ASSOCIES, à travers GEOTHERMA, assume la responsabilité de l’ensemble de la filière clefs en mains.
Une technique efficace
La présentation récente en France par SAUNIER et ASSOCIES, au salon des Maires de France, du seul procédé éprouvé pour la récupération des calories véhiculées dans les réseaux d’eaux usées urbaines, constitue une avancée importante dans la mise en place de systèmes de production d’énergie renouvelable. Avec déjà vingt installations en fonctionnement en Suisse et en Allemagne au cours des cinq dernières années, et près de cent projets en cours dans le monde, cette technique d’origine suisse, permet d’assurer la fourniture de chaud et de froid dans une ville, d’une manière décentralisée, avec un retour sur investissement bien inférieur à 10 ans, et à 5 ans dans de nombreux cas. Le prélèvement d’un degré centigrade sur l’ensemble des eaux usées d’une ville pourrait permettre en théorie d’assurer le chaud et le froid d’au moins vingt pour cent de ses logements.
Certes, l’ensemble des systèmes utilisant cette technique mettra des années avant de prélever, ne serait-ce que quelques pourcents de l’énergie véhiculée dans les eaux résiduaires urbaines, mais l’addition de toutes les possibilités d’énergies renouvelables doit être considérée pour atteindre les objectifs de développement durable, dès lors que ces solutions sont compétitives économiquement.
Notre pays n’est pas le plus en avance pour l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables, mais lorsqu’une idée est bonne, il sait se l’approprier pour sa mise en œuvre. Les bonnes idées ne connaissent pas de frontières. Parions que la récupération des calories des eaux usées constitue une vraie révolution dans le métier de l’assainissement urbain, et que demain, plus aucun projet de renouvellement de gros collecteurs d’eau usée ne se fera, sans que soit examinée la possibilité de la récupération d’énergie des eaux usées. Lorsque la récupération d’énergie est intégrée en amont dans les projets, le retour sur investissement s’effectue en moins de cinq ans.
Peut on aujourd’hui se priver d’un tel système ? Il est vraisemblable que des schémas directeurs de récupération de l’énergie des eaux usées urbaines seront systématiquement réalisés. Les aides financières auprès des collectivités ou des promoteurs privés, pour leur mise en œuvre, se mettront tôt ou tard en place. Pour ce type de réflexion amont, nous disposons d’organismes bien rôdés : Agences de Bassin, ADEME, etc… que nos Régions, et nos Départements sauront dotés en conséquence. Ces schémas directeurs permettront : d’identifier les meilleurs points de prélèvement en fonction des capacités d’utilisation, de définir les retours sur investissements, et ils assureront la programmation dans le temps de la mise en place de ces procédés totalement en harmonie avec le développement durable.
Une contribution importante au développement durable
A l’est de la France, dans plusieurs pays, plus d’un bâtiment neuf sur deux fait appel aux pompes à chaleur avec prélèvement des calories stockées au-dessous du sol, pour assurer sa production d’énergie pour le chaud et le froid. En France, sur plus de 260 000 bâtiments neufs construits chaque année, un peu plus de 5% ( ?), certainement moins de 10% seulement ont recours aujourd’hui à ces techniques. Certes, les puristes diront qu il est nécessaire de disposer d’une source d’énergie électrique pour faire fonctionner le système.
Mais peut on longtemps se priver d’une technique qui permet de réduire par un facteur QUATRE la consommation d’énergie électrique ou fossile pour son chauffage, et par un facteur supérieur à CINQ celle pour sa climatisation ? Tout système permettant une réduction des consommations énergétiques, électrique ou fossiles, contribue au développement durable, et dans le présent cas il combine l’utilisation d’une énergie renouvelable, celle du sous sol, ou des eaux résiduaires, avec une réduction de la consommation électrique. En cela, l’énergie produite à partir des pompes à chaleur est bien une énergie au moins au trois quart renouvelable.
Tags : geothermie
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