Nicolas Hulot permet à la raffinerie Total de La Mède de s’approvisionner en huile de palme

La France a autorisé une utilisation limitée de l’huile de palme dans la nouvelle raffinerie de biocarburants de La Mède, ce qui a provoqué un tollé de la part des agriculteurs français qui ont déclaré que l’huile de palme serait importée.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire a déclaré dans un communiqué que le nouveau permis octroyé par Total à la raffinerie spécifiait qu’au moins 25% des matières premières utilisées pour fabriquer le biocarburant devraient provenir d’huiles recyclées. Le reste proviendrait des huiles végétales brutes, y compris l’huile de palme.

Le ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, un farouche opposant à l’utilisation de l’huile de palme liée à la déforestation, a également demandé à Total d’utiliser des huiles conformes aux critères de durabilité fixés par la Commission européenne pour protéger la biodiversité et l’environnement.

Les producteurs français d’oléagineux, dont les produits sont utilisés pour fabriquer du biodiesel en France, ont fermement condamné la décision d’autoriser l’utilisation d’huile de palme principalement importée, qui, selon eux, constituait également un composant important des huiles recyclées.

« Cette décision est incompréhensible. En plus de son absurdité écologique, c’est une véritable claque pour notre industrie », a déclaré Arnaud Rousseau, chef du groupe des producteurs de graines oléagineuses (FOP), dans un communiqué.

Une raffinerie en reconversion

Total a annoncé en 2015 qu’elle arrêterait le raffinage du brut sur le site déficitaire de La Mède près de Marseille et y investirait 200 millions d’euros pour créer un bioraffinage destiné à produire 500 000 tonnes de biodiesel par an.

Les agriculteurs français et les activistes de l’environnement ont exprimé depuis lors, de fortes inquiétudes concernant le fait que Total pourrait se tourner principalement vers l’huile de palme, accusée de provoquer la déforestation et la concurrence déloyale contre l’huile végétale locale, pour alimenter la raffinerie.

Total s’est engagé à utiliser moins de 300 000 tonnes d’huile de palme brute par an à La Mède sur une capacité de traitement totale de 650 000 tonnes et à utiliser des huiles d’autres plantes telles que le colza, la graine de tournesol et le maïs. Cela représente une augmentation des importations françaises d’huile de palme de 36%.

Les matières grasses animales recyclées, l’huile de friture et le pétrole industriel représenteraient entre 30 et 40% des approvisionnements de La Mède, dont la part devrait augmenter au fil des ans en fonction des disponibilités, a indiqué Total.

Nicolas Hulot accusé d’ « ouvrir les vannes » sur les importations

Nicolas Hulot avait déclaré peu de temps après avoir été nommé l’année dernière qu’il limiterait l’utilisation de l’huile de palme dans les biocarburants en France afin de réduire la déforestation dans les pays d’origine, soulevant le mécontentement des principaux producteurs mondiaux, l’Indonésie et la Malaisie.

Mais le mois dernier, Greenpeace a accusé le gouvernement français de jouer de part et d’autre et d’être sur le point d ‘ « ouvrir les vannes » sur les importations massives d’huile de palme pour alimenter la raffinerie de La Mède.

« La tendance est que nous cesserons d’importer de l’huile de palme, mais cela ne signifie pas que Total doit cesser de l’utiliser tout de suite », a déclaré Hulot à la chaîne de télévision BFM mercredi.

Le recours à l’huile de palme en tant que biocarburant par Total s’explique par son coût moins élevé et à la poussée des importations après la levée de l’UE des droits sur le biodiesel argentin et indonésien l’année dernière.

 

  • facebook
  • googleplus
  • twitter