Les compteurs communicants séduisent le monde

compteur communicant

Alors qu’en France, une minorité de la population demande la suspension de l’installation des compteurs communicants (Linky), il n’en est pas de même dans les autres pays du globe : la Finlande, la Suède et l’Italie ont par exemple déjà terminé le déploiement de ces nouveaux appareils. Les Américains, les Coréens et les Japonais ne sont quant à eux pas en reste.

C’est un fait, les Britanniques sont plus que jamais séduits par les compteurs communicants : d’après les résultats du Smart Energy Outlook — le plus important sondage indépendant réalisé outre-Manche sur l’énergie et les compteurs communicants – diffusés en mars 2018, « l’écrasante majorité des clients disposant d’un compteur communicant dans leur maison en sont satisfaits ».

Le sondage révèle en effet que 73 % des personnes interrogées seraient prêtes à conseiller le compteur communicant à leurs amis, leur famille ou leurs voisins, tandis que 82 % affirment avoir désormais une idée plus précise de ce qu’ils dépensent en énergie. Une large majorité (81 %) des personnes équipées avec ce nouveau compteur pensent que leur facture d’énergie est exacte (contre 67 % pour ceux qui disposent d’un compteur traditionnel), et 82 % d’entre elles affirment avoir déjà pris des mesures pour réduire le gaspillage énergétique.

Avec plus de 11 millions de compteurs communicants installés, et malgré le Brexit, la Grande-Bretagne confirme l’engagement pris en 2009, lorsque les pays membres de l’Union européenne s’étaient fixé l’objectif d’équiper l’ensemble des foyers européens avec des compteurs communicants à l’horizon 2022. La Finlande, la Suède et l’Italie ont d’ores et déjà achevé l’installation sur l’ensemble de leur territoire. Le Luxembourg, l’Irlande et l’Autriche n’en sont plus très loin.

Tendance mondiale

Selon le rapport Smart Grids Infrastructure Market 2018-2030, diffusé en février dernier, « plusieurs régions du monde ont reconnu la nécessité de passer aux réseaux intelligents et ont pris des initiatives pour encourager cette transition ». Aux États-Unis — qui avaient initialement alloué 4,5 milliards de dollars à la modernisation du réseau électrique — les investissements n’ont cessé d’augmenter pour amorcer cette transition, notamment grâce à l’American Recovery Reinvestment Act. En Europe, un rapport publié l’an dernier par le Centre commun de recherche (CCR) établit à 950 le nombre de projets de réseaux intelligents sur l’ensemble du continent.

Selon ce rapport, « les objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables de pays comme la Chine et l’Inde devraient stimuler le marché des réseaux intelligents à l’avenir ». Pékin a en effet annoncé un investissement de 96 milliards de dollars sur la période 2010-2020 pour accélérer le déploiement des réseaux intelligents et de nombreux projets pilotes sont actuellement en cours en Inde. D’une manière générale, les pays d’Asie-Pacifique ont fait des efforts considérables pour rendre leurs réseaux de services publics plus « smart ».

Ainsi, selon une étude de Market Insights Reports publiée le 3 avril dernier, les principaux fournisseurs japonais se sont engagés à généraliser les compteurs communicants d’ici 2024, « ce qui pourrait mener à l’installation de plus de 78 millions de compteurs communicants chez les clients résidentiels et les clients à faible consommation ». La Corée du Sud a quant à elle annoncé des investissements de l’ordre de 155 millions de dollars entre 2015 et 2018 pour généraliser cette technologie.

Des réseaux et des villes de plus en plus « smart »

Selon Market Insights Reports, le marché mondial des services publics intelligents devrait progresser de 18,46 % d’ici 2023. Pour l’institut d’études de marché, « l’accroissement de la population vivant dans les zones urbaines (58 % d’ici 2025) et la croissance globale de la population urbaine (81 % de la population vivant dans les villes) sont le principal moteur de l’adoption de solutions intelligentes ».

Résultat : le marché devrait être particulièrement stimulé par le développement des « villes intelligentes », demandeuses de nouvelles solutions de gestion plus efficaces. Les maisons, les transports, les services publics et la gestion de l’énergie devraient ainsi être de plus en plus « smart » à l’avenir.

Un constat partagé par le rapport Smart Grids Infrastructure Market. En effet, selon ce dernier, la demande d’électricité devrait considérablement augmenter d’ici 2050. Or, les réseaux intelligents ont le potentiel de réduire d’environ 24 % les pics de demande. Ces derniers permettent en effet de détecter ces pics en amont et détourner l’offre excédentaire des zones à faible demande pour répondre aux besoins d’une autre région où la demande est plus forte. Une réalité qui explique pourquoi de plus en plus de pays du monde investissent dans le développement des compteurs et réseaux intelligents.

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