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Glyphosate : après l’air, la France va mesurer la pollution aux pesticides

Selon les informations rapportées dans le journal « le Monde », 90 substances jugées prioritaires seront prochainement surveillées.

Air Parif nous alertera peut-être prochainement de l’arrivée d’un pic de pollution au glyphosate.

C’est en tout cas le but de la convention qui devait être signée le 28 novembre entre la fédération des associations de surveillance de la qualité de l’air (Atmo France) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Le but ? Améliorer les connaissances sur les pesticides dans l’air et l’exposition des populations.

Dès 2018, trois organismes de contrôle de la pollution, Airparif, Air Paca et Air Breizh, seront chargés de la campagne de test visant à mesurer les concentrations de pesticides dans l’air.

A l’heure actuelle en France, ce sont quatre polluants qui font l’objet d’une surveillance quotidienne : les particules fines (PM10, inférieures à 10µm), le dioxyde d’azote (NO2), le dioxyde de soufre (SO2) et l’ozone (O3).

Un plan à étendre au niveau national

Et ce n’est pas simplement suite à la reconduction de la licence pour 5 ans du glyphosate au sein de l’Union Européenne que cette campagne est lancée. Elle s’inscrit plus largement dans le cadre de l’arrêté du 10 mai qui établit le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques pour la période 2017-2021 et qui prévoit d’évaluer et de réduire la présence de pesticides dans l’air.

Les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) savent mesurer les concentrations de pesticides dans l’air depuis 2000.

Mais comme l’explique Marine Tondelier, la déléguée générale d’Atmo France, « jusqu’à présent, ces mesures se faisaient sur la base du volontariat avec des régions précurseures comme le Centre ou Poitou-Charentes mais chacune en fonction d’objectifs différents avec son protocole et donc avec des résultats sans homogénéité et forcément partiels ».

90 substances jugées dangereuses

 L’exploration durera un an et les prélèvements auront lieu sur deux sites par région. « L’objectif est d’évaluer l’exposition moyenne de la population aux pesticides et de montrer que celle-ci n’est pas seulement due à l’alimentation ou à l’eau mais aussi à l’air », précise Marine Tondelier.

Les recherches seront effectuées auprès de 90 substances jugées comme hautement prioritaires ou prioritaires en fonction de leur présence avérée dans l’air ou de leur dangerosité pour la santé. Parmi celles-ci on retrouve du glyphosate, du Fipronil (tristement célèbre suite au scandale des œufs contaminés) ou du chlordécone (utilisé dans des bananeraies aux Antilles).

C’est un budget d’un million d’euros qui est alloué au projet. Il sera financé en partie par la fiscalité sur les pesticides par le plan Ecophyto. Une grande partie de ce budget servira au glyphosate. Du fait de sa très grande volatilité, l’herbicide nécessite une méthode d’analyse et des appareils de mesure spécifiques dont le coût correspond à celui de tous les autres pesticides.

Du côté de l’Anses on attend de cette première campagne de surveillance nationale une évaluation de « l’exposition chronique de la population générale et les risques sanitaires associés ». 

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