Smart City durable : le projet Sense City testé en Seine-et-Marne début 2018

Le projet Sense City lancé en 2015 à Champs-sur-Marne, au cœur de la cité Descartes, cluster de la ville durable regroupait jusqu’à présent une dizaine d’expérimentations autour de l’habitat de demain et de la route intelligente. Une seconde phase sera lancée début 2018. Elle aura cette fois pour objectif de simuler n’importe quel changement climatique afin de permettre aux villes d’avancer dans la transition écologique.

Les chercheurs de Sense City vont devoir désormais travailler sur cette ville miniature chargée de capteurs et placée sous un hangar (une cloche) étanche capable de simuler des changements climatiques multiples, du grand froid à la canicule, mais aussi une pollution intense ou la propagation de microbes.

Début 2018, cette plateforme R&D servira de cobaye européen en matière de transition écologique.

Elle permettra également d’étudier la performance énergétique et la qualité sanitaire des bâtiments, d’observer l’impact de la végétation sur son environnement, d’analyser la qualité et la durabilité des réseaux urbains (transport, fluides), la qualité de l’air extérieur, des sols et des eaux, la performance de nouveaux matériaux urbains… C’est une première mondiale puisqu’aucun programme de recherche n’avait encore englobé toutes ces dimensions urbaines et essayé de se rapprocher autant de la complexité de la ville.

Avec un budget de 9 millions d’euros, Sense City a réussi à mobiliser l’Ifsttar mais aussi l’école d’ingénieurs ESIEE Paris, le laboratoire CNRS-Polytechnique sur les nanomatériaux (LPICM), I’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEM), et le Centre Scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Des expériences climatiques extrêmes

Sense City se décompose en deux espaces de 400 m2. Sur chacun est construite une mini-ville équipée de multiples capteurs permettant de mesurer les données. Au dessus, une chambre climatique, qui n’est autre qu’un hangar étanche haut de 8 mètres reposant sur des rails, permet de se déplacer d’un espace à l’autre selon les expériences réalisées. Elles seront ainsi plus vraies que nature puisque pour partie réalisées en conditions réelles à l’air libre, ou bien en conditions contrôlées. Un sous-sol est également créé afin d’étudier la détection de réseaux, la géothermie ou encore la pollution des sols..

Ainsi, les mesures pourront être effectuées dans des conditions météorologiques changeante. « La chambre climatique permet de tester sur un même environnement différentes conditions météorologiques spécifiques, sur des durées déterminées, explique Anne Ruas, chercheuse à l’Ifsttar et coordinatrice du programme. Le climat programmé peut être standard ou extrême, la température peut osciller entre -10° et 40°, et l’humidité de 20 % à 90 %. Comme nous voulons tester la végétation en ville, nous pourrons même reproduire des rayons équivalents à ceux du soleil. »

Des phases de canicules pourront être observées sur plusieurs semaines afin d’analyser leurs effets sur la pollution, la résistance de la végétation, ou encore la bonne calibration des capteurs. Il sera également envisagé de polluer l’atmosphère pour mesurer la manière dont les matériaux réagissent, et comment les polluants se répartissent.

Sense City offre un large panel d’expérimentations, qui pourront être dupliquées si nécessaire, « ce qui serait impossible dans le monde réel », relève Anne Ruas. « L’avantage de cette mini-ville en chambre climatique est de pouvoir mettre des capteurs partout, sans générer d’inconfort ou d’inquiétude », souligne la chercheuse.

Prévenir les risques grâce aux capteurs

 La présence de multiples capteurs et leur connexion en réseau permettent de contrôler des paramètres physiques, chimiques ou biologiques croissants. Ils serviront entre autres à optimiser la consommation d’énergie, à donner des informations sur l’état des routes, à réguler les flux de transports, à donner l’alerte en cas de danger…

En validant des technologies qui doivent permettre à nos villes d’opérer un auto diagnostic en temps réel et d’améliorer leur aménagement, Sense City veut devenir LE laboratoire de la « smart city » de demain. « Il ne s’agit pas de programmer une ville entièrement truffée de capteurs, tient à préciser Anne Ruas. Nous utilisons ces outils pour permettre avant tout aux villes d’avancer dans la transition énergétique, d’être plus résilientes et économes en ressources. »

De notre côté, il est certain que nous suivrons les avancées de cette « ville intelligente ».

 

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