Déforestation : le Brésil fait un grand pas… en arrière

La forêt amazonienne a du souci à se faire. Au lieu d’un pas en avant, c’est un pas en arrière qu’ont fait les députés brésiliens mardi dans la soirée, en adoptant un projet de loi très polémique qui vise à assouplir la protection de la forêt afin de repousser les frontières agricoles.

L’agriculture aura-t-elle raison de la forêt amazonienne? On n’en est pas encore là, mais les députés brésiliens ont fait un pas en arrière dans la lutte contre la déforestation en approuvant mardi soir la réforme du code forestier, érigé en 1965. Jusqu’ici, ce code limite l’usage agricole des terres en obligeant les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte, jusqu’à 80% en Amazonie. Il protège également des zones sensibles pour l’écologie comme les rives des fleuves, les sommets et les coteaux des collines.

La réforme adoptée par les députés brésiliens devrait désormais permettre au secteur agricole d’empiéter encore un peu plus sur la forêt, au grand dam des écologistes. « Un passeport pour la déforestation et l’expansion débridée de l’agriculture et de l’élevage », juge Greenpeace dans un communiqué.

Légaliser la déforestation sauvage

A l’inverse, « les secteurs agricole et de l’élevage célèbrent les progrès obtenus« , se félicite  la présidente de la Confédération nationale de l’Agriculture, Katia Abreu. « Ce qui est en jeu, c’est la production d’aliments au Brésil, qui soutient l’économie nationale« . C’est une victoire pour le lobby agricole très puissant au Brésil. Le pays est l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de soja, de céréales et de viande.

Le gouvernement de Dilma Roussef était pourtant farouchement opposé à cette modification du code forestier. La ministre de l’Environnement, Izabella Teixeira rappelle toutefois à la présidente qu’elle pourrait faire valoir son droit de veto sur certains points de cette loi, notamment sur le fait que le projet de loi légaliserait les zones forestières déboisées illégalement jusqu’en juillet 2008, mais aussi sur l’autorisation d’une activité agricole dans des zones jugées sensibles.


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  • NonOoo

    Que pouvons-nous faire d’ici ?
    Relayer l’article, soutenir Greenpeace, se renseigner sur la provenance des aliments de notre assiette. Il faut savoir que 60% du porc consommé en France vient de Bretagne et que 75% du porc breton est nourrit au soja Brésilien, issu de l’agriculture qui mange la forêt chaque minute un peu plus.
    Pardon de ne pas préciser mes sources pour ces chiffres, mais ils sont issus de différents reportages, discussions et articles en lien avec ce sujet.
    Militants du quotidien :
    « Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde. » Mohandas Karamchand Gandhi

  • Quelle tristesse de voir ça…je crois franchement que c’est dangereux pour l’équilibre naturel et l’avenir du pays et du Monde !