Le radon dans l’eau du robinet devra être mieux surveillé

Suite à la récente diffusion d’un reportage télé sur la pollution au radon de l’eau du robinet, l’ASN a participé à 2 réunions d’information fin juin avec plusieurs maires de Haute-Vienne. Si les experts de la sûreté nucléaire se veulent rassurants, ils préconisent cependant de compléter le dispositif de surveillance actuel par une mesure spécifique sur le radon.

La diffusion le 19 mai dernier dans l’émission Pièces à conviction du reportage « Radon au robinet » a ému nombre de Français et d’élus locaux.  Pas ou peu avertis de la présence de ce gaz radioactif dans l’eau du robinet, certains maires du Limousin ont sollicité l’éclairage de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire sur cette question inquiétante.

A l’occasion de ces 2 réunions d’information, l’ASN a rappelé que le risque associé à l’exposition domestique au radon est en premier lieu celui du cancer du poumon (par inhalation) et ce, quelle que soit la voie d’entrée du radon dans les locaux : via le bâti ou via le dégazage de l’eau du robinet.

Incertitudes

En revanche, pour l’ASN, des « incertitudes » persistent au niveau scientifique sur le risque lié à l’ingestion de radon. L’autorité précise que les estimations disponibles conduisent cependant à penser qu’il s’agit d’un « risque faible » dans la mesure où les doses estimées restent inférieures à la dose annuelle moyenne reçue par la population du fait des autres sources de rayonnements ionisants d’origine naturelle.

Conforme aux normes internationales, le contrôle français de la qualité radiologique des eaux de consommation, mis en place à partir de 2005 livre des résultats rassurants selon l’ASN. Publié en 2009, le 1er bilan national 2005-2007 sur la qualité radiologique des eaux de consommation, en collaboration avec la direction générale de la santé et l’IRSN, était « très satisfaisant » souligne l’autorité française.

Selon l’ASN, la dose d’exposition aux rayonnements ionisants attribuable à l’ingestion d’eau pendant une année est restée inférieure jusqu’ici, dans 99,9% des cas à la valeur de référence de qualité fixée par la réglementation.

Pas d’enjeu sanitaire majeur mais?

Toutefois, malgré ce satisfecit, bien que la question du radon dans l’eau ne présente « pas d’enjeu sanitaire immédiat » pour l’autorité française, le contrôle sanitaire réalisé par le ministère de la santé, pourrait être prochainement complété par la mesure directe du radon dans l’eau distribuée. Par ailleurs, l’ASN préconise d’introduire des niveaux d’actions spécifiques (entre 100 et 1000 Bq/L) recommandés par la Commission européenne et l’OMS.

Des études préalables sont néanmoins nécessaires pour parvenir à une réglementation ciblée qui tiendrait compte de la nature géologique du sous-sol et de la configuration des réseaux de distribution, précise l’ASN.

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