Attention au compost que vous déversez dans votre jardin, il est peut-être pollué. C’est le message d’alerte que diffuse igepac sur son blog de défense des consommateurs d’eau.
Mélange de détritus organiques et de matières minérales comme le sable ou les cendres, le compost est utilisé pour enrichir et fertiliser un sol. Mais quid de son origine ? C’est la question que se pose le blog igepac en stigmatisant la pratique de certaines collectivités en la matière, soulignant que « le compostage des boues des stations d’épuration est une solution peu couteuse pour se débarrasser des déchets polluants de step et surtout moins voyante que les boues brutes donc moins sujette à controverse ».
Selon igepac, le compost est souvent constitué de « boues de station d’épuration déshydratées mélangées à un compost de végétaux ». Le produit final polluant est réduit en poudre, et passe inaperçu au milieu de brindilles de végétaux avec une couleur semblable à du compost classique. Le blog igepac dénonce l’absence de toute mention indiquant la provenance du compost commercialisé en France. Cette pratique représente un véritable « tour de magie » pour les associations militantes liées à igepac, en favorisant « une pollution durable avec un label environnement durable ».
















Dommage, je n’ai rien de mieux que des concentrations à vous transmettre…
Oui c’est vrai, on ne mesure que les ETM, CTO (parmis lesquels on mesure les PCB) et pathogènes (ceux-là y’en a plus dans les composts vendus). On considère les boues comme « non polluées» si les teneurs sont inférieures aux seuils réglementaires, ce qui (vous avez raison) ne veut jamais dire que ces éléments n’y sont pas présents. Ceci dit, ces seuils sont très contraignants contrairement à certains quotas que je ne citerai pas car je m’égare.
Vous rouspétez aussi contre les engrais minéraux j’espère ? Parce que ceux-là ont nettement plus de libertés que la filière boues, et on trouve pas mal de cadmium (entre autres) dans certains. Là dessus je serais tout à fait d’accord avec vous.
Au fait je me suis renseignée sur le sujet des composts de boues :
-le compost n’est pas une solution si « peu onéreuse» que cela. Dans l’exemple que j’ai sous les yeux, pour les mêmes procédés d’extraction des boues, le compostage coûte 190% du prix d’un simple épandage, alors que la mise en centre d’enfouissement technique en fait à peine 210%
-Pour les gens délicats, il y a un moyen de différencier les composts de déchets verts de ceux compostés avec des boues (qui, je le répète, représentent un excellent apport de matière organique) c’est la norme NFU inscrite dessus : NFU-051 pour les composts de déchets verts, NFU-095 pour les co-composts de déchets verts et boues.
à propos des produits pharmaceutiques rejetés dans nos systèmes d’épuration, pour nos petites personnes, qu’est ce que ça peut bien faire vu que ça a déjà transité par nos systèmes digestifs ? (aïe ! mais non, je n’ai jamais dit que c’était inoffensif !) Le véritable problème c’est quand ces produits sont dans l’eau, avec tous les impacts sur les faune&flore qu’on commence à peine à envisager. Si par chance une partie de ces produits peut être retenue dans les boues d’épuration, heureusement, c’est ça de moins dans nos cours d’eau. Dans nos composts et dans nos sols ? J’ai envie de dire que c’est moins pire, mais je n’ai rien pour le prouver.
à Maïwenn Loffet
CHICHE !!!
igepac attend vos tas d’analyses : à igepac@gmail.com
et vous aurez une réponse sur le site.
igepac n’a rien à défendre sinon celui de l’information basée sur des preuves scientifiques. Les analyses ne justifient SURTOUT PAS une non-pollution mais elles donnent les concentrations des produits qui ont été analysés.
Le compost autorisé à la vente est certifié par une norme ISO, ceux qui ne sont pas normés sont épandus gratuitement au même titre que les boues, soumis à plan d’épandage. à ce titre, on contrôle les teneurs en ETM (éléments traces métalliques, qui ne sont pas tous des métaux nocifs) et CTO (résidus d’hydrocarbures entre autres, parce que c’est difficile d’apprendre aux gens dans la vie de tous les jours et dans les industries que certains produits ne vont pas dans l’évier).
Pour info, ça fume sur les plate-formes de compostage précisément parce que des températures de 60-70°C sont effectivement atteintes, j’ai vu moi-même ces mesures. Donc plus d’organismes pathogènes, du moins dans le cas des composts normés. Pour les composts non-normés il peut en rester, mais dans un sol, c’est pas nouveau, et les périodes d’épandage sont strictement surveillées.
C’est triste de voir des gens se plaindre qu’on mette de la matière organique dans des champs au lieu de les mettre en déchèterie ! Oui, il y a un peu de pollution, mais avec il y a surtout beaucoup de matières fertilisantes, ce serait tellement stupide de ne pas en profiter ! Et pour la pollution, je le répète : un seul des seuils limite de pollution (ETM ou CTO) dépassé, et c’est décharge ou dépollution obligatoire ! C’est seulement passé ce seuil qu’on considère qu’une boue est polluée. Donc si ces messieurs de l’IGEPAC acceptent les mêmes définitions que nous, j’ai des tas d’analyses à vous transmettre de boues d’épuration ridiculement peu polluées (de l’ordre de maximum 30% des seuils limite).
Oui, c’est vrai, il faudrait faire des analyses complémentaires sur certains polluants non recherchés pour le moment. Je vous rejoins dans ce triste constat. Mais la filière boue est de celles qui se font le plus contrôler sur le sujet de la pollution. On ferait parfois mieux de contrôler les engrais minéraux…
Il faut garder à l’esprit que ce qu’on trouve dans les boues d’épuration, à part les saletés qu’on jette, c’est surtout de la bonne matière organique qui vient de nos toilettes ! Ce serait trop bête de le jeter.
Ouf, enfin une asso qui met le doigt là où celà fera mal.
C’est une hérésie de mélanger les boues de step avec les déchets verts.
Les boues de step sont un concentré de toute la pollution contenue dans les eaux usées, y compris certains micro-organismes pathogènes et thermophiles qui résistent à une température de 130°C (voir les rapports de l’école vétérinaire de Lyon) Le compostage est censé produire une chaleur exothermique de 70°C, elle n’est jamais respectée, seulement dans les catalogues des promoteurs de cette solution.
Mais c’est une approche dite « ecolo» et qui est facile à mettre en oeuvre, sauf quand il y a plainte des riverains pour odeurs nauséabondes.
Je suggère à Mr Paul Chérel de se pencher sur les analyses des boues avant et après compostage, hormis l’aspect sanitaire de premier niveau, il faut également voir les ETM (métaux lourds) et pousser l’analyse jusqu’aux dioxines, qui elles, ne sont jamais faites (Voir le rapport du conseil européen sur le sujet) Il y a 60 fois plus de dioxines dans les boues que dans les fumées issues des incinérateurs d’ordures ménagères.
Sur ce point, d’accord avec le Mr qui dit que c’est un peu triste.
Si l’IGEPAC souhaite mon aide, je suis disponible pour lui fournir les sources et les vecteurs de recherche, avec données scientifiques et chiffres à l’appui, de façon à « bien formater» l’opinion publique.
Etienne Sennesael sennesael@live.fr
Les produits chimiques de synthèse ( ceux que nous utilisons à la maison et que nous rejetons dans l’évier de la cuisine, à la salle de bains, aux toilettes, les produits pharmaceutiques contenus dans les urines … ) ne sont pas analysés dans les boues et dans les stations d’épuration en général.
Les analyses concernent quelques métaux et des taux élevés sont tolérés. igepac poursuit son enquête et de nombreux articles sont déjà publiés. Si vous avez des preuves que les boues sont saines, n’hésitez pas à nous les apporter. igepac recherche désespérement ces preuves de non-pollution.
Les données « scientifiques» sont les analyses, comme celle de l’eau du robinet, accessibles en mairie. Renseignez-vous et apportez-nous votre témoignage.
Il est vrai que notre société formate ses citoyens d’une façon terriblement triste pour les futures générations.
Pierre pour igepac
D’une part, les boues d’épuration sont analysées avant tout mélange avec les déchets verts pour faire un compost de qualité.
D’autre part, si tout le monde (industries COMME particuliers) ne rejetait que des eaux usées, et non toutes sortes de produits chimiques, peintures, huiles, etc …, les boues issues de l’épuration des eaux ne poseraient plus tant de problèmes.
A bon entendeur ………. !!!
peut-être et même surement vous avez raison, mais il faut savoir que la pratique est réelle, très mal contrôlée pour le pas dire sans contrôle, dans l’épandage sur les terres nues et qui très rapidement se retrouvent directement dans l’alimentation humaine. Pour le vérifier vous pouvez toujours vous rendre sur une station de compostage de déchets verts. Le mélange boues et déchets broyés compostés est fumant !!!!
A quoi bon écrire un commentaire ? Voilà le type d’info dénué de toute donnée scientifique et chiffres à l’appui mais évidemment tout à fait dans l’air du temps. Et c’est avec cela que l’on forme, que l’on formate, l’opinion publique. C’est tout de même un peu triste. Paul Chérel