Le Maire autorise les essais sur les vignes OGM de Colmar

Publié par le 21/05/10 dans la catégorie Nature. Surveiller les réactions RSS 2.0. Les réactions sont closes.

En accord avec Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé avoir signé un arrêté sur la poursuite d'essais sur une vigne transgénique en Alsace. La vigne en question a été génétiquement modifiée afin de résister au virus du court-noué, transmis par des vers.

Invité le 18 mai dernier sur RMC, le ministre de l'Agriculture a donc annoncé avoir "autorisé, et j'ai signé l'arrêté, les essais en plein champ sur une vigne OGM" du centre de l' Institut national de recherche agronomique de Colmar. L'expérimentation menée à Colmar porte sur la culture de porte-greffe génétiquement modifiés pour lutter contre le court-noué, un virus qui attaque les vignes.

Cette expérimentation avait été interrompue en septembre 2009 après qu'un militant anti-OGM avait détruit les 70 porte-greffes. Selon le directeur de l'Inra, Jean Masson, cette opération a fait perdre un an et demi de retard aux travaux de ses équipes.

"Inadmissible"

Bien évidemment, cette décision n'est pas sans provoquer de vives réactions chez les écologistes. Pour Alain Jund, le porte-parole des Verts en Alsace, la décision de Bruno Le Maire est "inadmissible et irresponsable". Il la qualifie même de "déni de démocratie" étant donné qu'elle n'a donné lieu à aucun débat contradictoire. Cette réaction s'oppose à celle du sénateur Vert du Haut-Rhin qui avait considéré le saccage des essais de l'Inra de "gachis humain incommensurable".

Enfin, le plus célèbre des faucheurs volontaires, José Bové s'est contenté de qualifier cette décision de "mauvaise".

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22 réactions pour “Le Maire autorise les essais sur les vignes OGM de Colmar”

  1. Jihemnet dit :

    Cher Marcel,
    Vous vous méprenez complètement sur mes intentions, d’une part l’article que j’ai cité fait bien référence à des travaux de l’Inra, ce qui apparaît dès la première ligne, d’autre part la transparence que j’évoque ne concerne pas les partenariats publics/privé qui sont en effet, généralement évoqués quand ils ont lieu. Aucune calomnie, des questions sans réponses!

    Ce que je déplore, c’est que la recherche publique soit soumise aux contraintes et conforme aux intérêts des entreprises privées aux frais du contribuable. Au détriment de leur mission, la santé publique, la sécurité alimentaire .
    Que les budgets attribués à la production biologique, le soit avec autant de parcimonie et que, bien qu’ayant passé plusieurs heures sur le site de l’Inra je n’ai trouvé aucune information sur le sujet.

    Ce que je constate à la lecture de l’article en question, c’est qu’il existe de nombreuses alternatives aux OGMs, relisez la conclusion, mais qu’il semble que l’orientation de l’Inra soit celle des firmes agro-chimiques, privilégiant les OGMs comme substitut aux pesticides.
    Tout ceci en connaissance de cause, comme le souligne l’article, ignorant les solutions alternatives, reléguant un aspect fondamentale de notre civilisation, la gestion des connaissances et du savoir à un rôle secondaire, sous prétexte de progrès scientifique dissimulant des intérêt strictement commerciaux, comme ci l’écologie n’était pas une science à part entière et synonyme de progrès.

    Pour être clair et qu’il n’y ait pas de confusion, ce ne sont pas les intérêts commerciaux qui me gêne, ni la recherche OGM, mais le mélange des genres, l’obscurantisme et le flou autour du sujet.

  2. Pecqueur dit :

    Marcel, je suis un peu déçu par de trop nombreux points de vos arguments. Un peu plus de clairvoyance sur la comprehension des réactions des anti-ogm serait bienvenue ; il est évident que nombreux sont ceux qui n’ont pas une connaissance technique approfondie de ce dossier. Mais d’autres l’ont. Comme dans votre camp. On ne peut honnêtement mettre tout cela dans le même panier . Il y a plutôt matière à s’interroger de la part des pro-ogm. Des scientifiques anti-ogm, il y en a sur toute la surface du globe aujourd’hui. Leur argumentation est etayée, avec une forte coloration « principe de précaution », coloration totalement absente chez le scientifique confiant , donc non-rétrograde.
    A vous lire, les ignorants anti-ogm ne serait que le jouet de leur propre aveuglement ideologique.
    Savez-vous, cher Marcel, que les anti-ogm emettent exactement le meme dignostic pour leurs opposants?
    Troublant, non?
    Tout cela ne serait donc qu’une question d’idéologie?
    Ah ah, on avance et l’on comprend mieux le comportement de la FNSEA, des Chambres d’Agriculture, de la Commissison Européenne, etc, dont les tendances « ideologiques » sont extremement claires: dérégulation, marché libre et non faussé etc. A moins que je ne me trompe et que tout cela ne soit que de l’économie; ( comment ais-je pu confondre 2 choses qui n’ont bien sur rien à voir)
    Il n’y aurait donc que les gauchistes attardés pour penser que les systemes économique sont d’essence ideologique?
    Plus sérieusement, et pour couper court à cette querelle qui semble se cristalliser sur l’INRA, on peut critiquer cet organisme ET être à 100% pour la recherche publique. On peut adorer la choucroute et refuser qu’elle contienne des poisons!
    Vive la recherche publique, vive l’Inra, vive le CNRS, vive les scientifiques anti OGM qui viennent des ces organismes ( C.Velot, JP Berlan)

    La limite de votre raisonnement, c’est de ne pas COMPRENDRE la défiance existante envers ces organismes. Elle est pourtant facile à saisir; c’est une intime conviction, une intuition collective reposant sur de trop nombreux exemples illustrant une forme de folie humaine, de fuite en avant.
    C’est ainsi, que cela plaise ou non.
    Et pour reprendre une notion « ideologique », nos systèmes fonctionnant sur la confiance et l’adhésion à une idée du futur, on peut dire que malheureusement, cette confiance là a été perdue, et c’est assez facile d’en comprendre les mécanismes.
    Il suffit
    1- de ne pas etre aveuglé par une idéologie
    2- ne pas partir du principe que les gens sont bètes.

    Une seule solution, très simple: quand la confiance est retirée, il suffit d’etre exemplaire pour la restaurer.
    Avez- vous vu un mouvement interne de ces organismes exigeant la publication du decret d’application sur la transparence des liens entre scientifiques et industriels? Non
    Vous pouvez-vous donc continuer à vous étonner de la défiance envers la recherche publique.
    Ou convenir avec moi, cher contradicteur, que les OGM, c’est ideologique….. mais dans les deux sens.

  3. Marcel dit :

    Oups, à nouveau l’URL n’est pas passée. Réessayons :

    http://www.inra.fr/dpenv/cayroc17.htm

  4. Marcel dit :

    Cher Jihemnet,

    Concernant les pesticides, je parlais du cas de la maladie du court-noué (cf. posts précédents). Evidemment je ne parlais pas des PGM à résistance contre un herbicide, ce qui est effectivement aberrant.

    Il est savoureux d’être traité d’ »idéologue » ou de « sous-informé » par quelqu’un qui emploie les arguments suivants :
    1. coller d’emblée des étiquettes à son interlocuteur,
    2. émettre un avis définitif et global sur l’INRA, limite calomnie, qui démontre ses préjugés (panurgisme ?) et son peu d’entrain à s’informer. J’ai vu que l’INRA a mis en ligne sur son site le bilan 2008 de son partenariat. Il est facile de reprocher à l’INRA (et autres) son prétendu manque de transparence et de ne pas s’informer un minimum (ou de rejeter d’un revers de la main les documents institutionnels).

    Mais il est encore plus savoureux de vous voir appuyer vos dires sur un article écrit par des chercheurs de l’INRA Antibes et publié dans une revue de l’INRA… En effet, la source de l’article n’est pas mentionnée sur le site que vous donnez (pourquoi d’ailleurs ?), mais une petite recherche montre qu’il est publié dans « Le Courrier de l’Environnement de l’INRA » (et oui cette revue existe) : .

    A quoi bon poursuivre la discussion avec de tels arguments…

  5. Jihemnet dit :

    Cher Marcel,
    Votre vision idyllique à de quoi surprendre, j’hésite entre entre naiveté et sous-information ou tout simplement idéologie et défense d’intérêts personnels.

    - les OGM permettraient de réduire les pesticides, sauf que 85% de ceux commercialisés actuellement sont tolérants aux pesticides, toutes les études démontrent qu’ils en favorisent l’usage et l’abus.

    - l’Inra serait indépendante et neutre ou juste aveugle, son orientation est identique et convergente avec celle des firmes agro-chimiques, elle y consacre l’intégralité de son budget (argent public) depuis des décennies sans aucune transparence, sa recherche sur le vivant ne concerne que le génome au détriment des interactions de l’écosystème. Toujours rien ou si peu dans le domaine biologique.
    Voilà un article sur l’INRA et les nématodes qui vous tiennent tant à coeur. Vous y constaterez l’absence de moyens et de volonté de la part de cet organisme public dans ce domaine

    http://andre.emmanuel.free.fr/brf/articles/inra-3.pdf

  6. Marcel dit :

    Quelques réactions aux derniers posts.

    Quand François Pecqueur écrit « Cette frontière [entre la confiance et la parano], c’est la connaissance des dossiers », je suis d’accord, mais pas dans le sens où il le pense. Les anti-OGM montrent souvent une ignorance totale des dossiers justement (et je parle d’expérience). Ex. véridique (extrême, je l’accorde) « pour rien au monde, je ne mangerai de gènes ». Variation plus soft : « je ne boirai plus de vin d’Alsace ». Blague à part, il est vrai que certains militants anti-OGM ont une connaissance étendue des dossiers, mais souvent vus au travers d’un prisme idéologique qui évacue toute objectivité (consciemment ou non).

    Merci à François pour son allusion au séminaire de l’ANR en 2008 (y étiez-vous François ? un de mes amis y a participé). Ces infos sont exactes, mais pas forcément les conclusions que vous en tirez. L’objectif de l’essai n’était pas de voir « si ça marche », mais (je me répète) de comprendre COMMENT un porte-greffe OGM se comporte face à un sol contaminé en nématodes vecteurs de virus (comportement pas forcément identique à ce qui a déjà été analysé en serre). La démarche scientifique n’est évidemment pas de conclure par « oui » ou par « non », mais de comprendre pourquoi tel phénomène biologique apparaît. C’est pourquoi la poursuite de l’essai de Colmar est parfaitement justifiée (c’est ce qu’explique un des responsables de l’essai dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 5 juin). C’est ne rien entendre à la démarche scientifique que de ne pas comprendre cela. De plus (mais je me répète encore) c’est JUSTEMENT le rôle de l’INRA de réaliser ce genre d’études dans la transparence. Dire le contraire s’apparente à de la mauvaise foi.

    On a dit « le ministre a cédé aux lobbies ». C’est malheureusement souvent le cas (grippe A, etc.). Mais dans le cas de l’essai de Colmar, je repose la question : « QUELS lobbies » ? (on parlait de connaissance des dossiers ?)

    Muscadine résistante, dites-vous. Oui, résistance aux maladies fongiques foliaires (genre mildiou ou oïdium), mais à ma connaissance pas au virus du court-noué. De plus impossibilité de faire du bon vin avec la muscadine. (connaissance des dossiers ?)

    François oppose « dominer la vie en la façonnant à nos besoins quitte à jouer les apprentis sorciers » et « la comprendre et l’accompagner ». Voilà un argument fallacieux, comme si les deux s’opposaient (je passe sur l’ironie des mots qui dénote une nouvelle fois un parti pris et une méconnaissance de la démarche scientifique). Le rôle de la recherche est JUSTEMENT de comprendre la vie. Que sait-on des mécanismes des interactions plante-pathogène et plante-environnement, sinon par la recherche (INRA, CNRS, interprofessions, etc.) ? (ce n’est pas du scientisme que de dire cela, c’est une évidence). Comme disait Pasteur, il y a la science et les applications de la science. La SOCIETE (et non les scientifiques seuls, qui n’en demandent pas tant pour la plupart – là aussi je parle d’expérience) a légimité à d’appliquer les résultats de la recherche pour améliorer les conditions de vie. N’est-ce pas au nom de cette légitimité que Pasteur a ouvert la voie à la vaccination (selon vos critères, il était effectivement « apprenti sorcier »…) et que l’on guérit de plus en plus de cancers et autres fléaux ? J’ai bien écrit que l’application des résultats revient à la SOCIETE et à ses représentants et décideurs (et c’est LA que se niche le « scientisme » qui peut faire des dégâts).

    Comme déjà dit, il est trop facile (et à mon avis fallacieux) de rendre la recherche publique responsable de tous les maux, même si elle est peut éventuellement partager cette responsabilité parfois. De plus c’est un mauvais procès et un amalgame tenace et déplorable que de comparer des drames qui n’ont rien à voir entre eux et d’en charger la recherche publique (pourquoi pas le volcan islandais et la Saint-Barthélémy ?). La recherche publique n’a pas à subir les conséquences des errements des pouvoirs politiques et économiques, dont l’incurie donne souvent lieu à des conséquences dramatiques.

    Enfin, François écrit « Pourquoi ne pas mettre le paquet sur la recherche biologique d’abord? ». Voilà longtemps que l’INRA et d’autres organismes publics (universités, etc.) travaille sur l’écologie, discipline scientifique constitutive de son domaine (connaissance des dossiers ?). Mais il est vrai que le « paquet » n’y a pas été toujours mis sur l’« agriculture biologique ». Il est vrai aussi que cette notion (ou « recherche biologique » comme vous dites = compréhension de la vie ? ou autre chose ?) est floue et non partagée, pour le moins. Il est vrai enfin que les chercheurs n’ont pas vocation à prendre en compte les présupposés idéologiques et philosophiques qui sous-tendent certaines écoles d’« agriculture biologique ».

  7. Pecqueur dit :

    Pour mémoire, Marcel:
    si le niveau de précaution pris semble à tout épreuve, on peut toutefois s’interroger sur le bien-fondé de la reprise de ces essais. En effet, en novembre 2008, un séminaire de l’Agence Nationale de la Recherche a mis en évidence que le test n’obtenait pas les objectifs visés, tandis que l’INRA reconnaissait alors la nécessité de davantage travailler sur les méthodes alternatives naturelles pour lutter contre la maladie du court-noué. A ce titre, les tests mettant en œuvre des pratiques d’agriculture biologique avec des porte-greffes de vigne naturellement répulsifs, vis-à-vis des nématodes, ont été intensifiés. Même s’ils n’en sont qu’à leurs débuts, plusieurs d’entre-eux mettent en avant des résultats très encourageants, à l’instar d’un porte-greffe obtenu par croisement avec une vigne sauvage résistante, la Muscadine.

    Ce petit texte est assez éclairant:
    sur la ligne de départ, il n’y a pas potentiellement plus de perspective positive en transgenique qu’en bio.
    Pourquoi alors ne pas mettre le paquet sur la recherche biologique d’abord?
    Il y a t’il un soupçon d’effet négatif sur la culture biologique pour nous faire hésiter?
    La FAO déclarait il y a 3 ans que l’agriculture biologique est à même de nourrir la population mondiale dans des conditions environnementales optimum?
    Comment se fait-il dans ce contexte que la recherche sur les cultures biologiques soit aussi secondaire et marginale?
    C’est vrai que les OGM représentent une source de profit faramineuse, l’agriculture bio ne permettant que de faire vivre les paysans ( et nourrir sainement les populations)
    C’est vrai aussi que c’est plus rock’n'roll de dominer la vie en la façonnant à nos besoins quitte à jouer les apprentis sorciers, plutôt que de la comprendre et l’accompagner .
    Le principe du fonctionnement vital est pluri-causal et interactif. Il faut être fou pour croire qu’une petite manipulation genetique de rien du tout n’interagit pas avec tout l’ecosysteme. Mais cela ne semble pas être du ressort des scientifiques scientistes.
    Soyons simplement patient: la nature se chargera de nous donner son avis, comme en Amerique du Sud où, après quelques années de culture soja Ogm, les terres sont devienues stériles, obligeant l’agrobizness à massacrer la foret pour trouver de nouvelles terres cultivables . Mais là, il est déjà trop tard.

  8. Pecqueur dit :

    Cher Wine’s power

    vous avez parfaitement résumé la situation: faisons confiance à nos papilles, si c’est bon au gout, c’est bon pour la santé!
    Cette affirmation tenait la route avant l’arrivée des intrants chimiques , des additifs,et des manipulations génétiques, de l’irradiation volontaire des aliments et même après, car on ne connaissait pas la toxicité avérée ou potentielle de ces apports.
    Aujourd’hui on sait et la c’est pas pareil.
    La vache folle avait-elle un drôle de gout? pas du tout
    L’amiante de nos toitures sentait-elle mauvais? pas suffisamment pour devenir paranoiaque!
    Le sang transfusé faisait-il des bulles? Nenni
    C’est une caractéristique de notre époque de ne pas réussir à comprendre que les conservateurs que l’on trouve partout dans l’alimentation, par exemple, ont apporté une souplesse incroyable pour les producteurs, transformateurs et consommateurs MAIS EN MEME TEMPS rendu nombre de produits toxiques.
    Connaissez vous le lien avéré entre les maladies d’Alzeimher et Parkinson et l’aluminium de nos casseroles et de nos emballages? Non? alors je comprend mieux votre vision de la paranoia.
    Ceci dit, c’est vrai qu’il faut-être parano pour comparer de l’amiante , du sang et des pieds de vignes transgeniques; ça n’a strictement rien à voir, un enfant ( plein de bon sens et peu informé) nous le dirait.
    Lors de ces échanges apparait de plus en plus clairement la frontière entre la confiance et la parano. Cette frontière , c’est la connaissance des dossiers. Moins on est informé, plus les donneurs d’alertes passent pour des parano et des rétrogrades.
    Un dernier petit exemple pour la route: il nous vient des états-unis ( siege de monsanto et autres multinationales au service des populations) Il y a fort longtemps ( plusieurs dizaines d’années), suite à un étude, les autorités ont découvert que nombre d’additifs alimentaires étaient cancérigenes. Ni une, ni deux, (ils sont trop forts ces ricains!) le congres vote une loi les interdisant! Ni une ni deux encore, les lobby alimentaires commencent leur travail qui aboutit dans l’année à l’abrogation de cette loi.
    Voila! tout est dit. Si vous avez toujours confiance dans un système qui fait passer le profit avant la santé publique, c’est votre droit.
    La confiance est la plus belle des choses: pour qu’elle existe, il faut l’accorder à bon escient. Et non par défaut par ce que l’idée que des personnes puisse en abuser nous déplait.
    De nombreux agriculteurs ne consomment plus les produits qu’ils cultivent.
    Ils ne sont ni fous ni parano: eux, ils savent ce qu’il y a dedans.
    Au final, c’est toujours le petit peuple qui se fait avoir.
    Je vous souhaite une vie heureuse au pays des bisounours, le pays ou tout le monde est gentil. Et poussez donc la logique de la confiance au bout: faites des dons à Nestlé, Monsanto, Bayer, Pioneer pour les aider et accélérer le processus de modernisation de nos coutumes poussiereuses.
    Bonne dégustation de vin transgénique!

  9. Mirandola dit :

    Bonjour Monsieur le Maire,
    Je doute que ma décision pèse lourd face à votre soumission au lobbies des OGM mais je vous la livre tout de même.
    Durant 10 ans j’ai boycotté les vins alsaciens pour leur forte teneur en souffre et autre cochonnerie. Depuis 10 ans, je me suis mis a racheter des vins d’Alsace redevenus des vins de qualité.
    Je vous annonce aujourd’hui la reprise de mon boycotte définitif des vins de votre région.
    Bien à vous
    C.M.

  10. Wine's power dit :

    La position de M. Marcel dénote peut-être d’une confiance trop objective, mais celle de M. Pecqueur traduit assurément une inquiétante paranoïa.

    Une chose est sûre : Nous (le petit peuple) saurons toujours reconnaître et apprécier un bon vin (OGM ou non).

  11. Marcel dit :

    Oups, la fin de mon post précédent a été tronqué. Après « pour information », je donnais l’URL du communiqué de presse de l’INRA, qui donne d’utiles précisions :
    site INRA « www.inra.fr », puis cliquer « La science et vous ».

    Marcel

  12. Marcel dit :

    Cher François,

    merci pour votre longue réponse et le ton mesuré de vos propos. Néanmoins, j’ai comme l’impression que vous « noyez le poisson » quelque peu. Je crains que la rhétorique ne soit de votre côté, de même que la caricature des propos et opinions de l’interlocuteur, chose que j’ai évitée jusqu’ici.

    Quelques réponses.

    Vous reconnaissez la « logique » de mes arguments, et aussitôt jetez le doute sur la notion même de « logique ». Pirouette un peu facile, non ?

    La mention de liens d’intérêt des chercheurs (« competing interest ») est exigée par les de plus en plus éditeurs de revues internationales, dans lesquelles publient les chercheurs, y compris français. Quant à loi que vous évoquez, j’ignore les raisons précises du retard de son décret d’application. Y a-t-il blocage délibéré, je ne suis peut-être pas assez paranoïde ou conspirationniste pour le penser, car il y a tellement de lois en attente d’application, et pour des sujets certainement plus graves. La tendance actuelle aux lois émotionnelles suite au moindre fait divers qui frappe l’opinion (ou que les médias mettent en exergue indûment) accentue encore cet état de fait.

    Revenons à l’essai vigne dont il question ici. La maladie du court-noué est une virose sérieuse, contre laquelle il n’y a PAS de moyens actuels pour la combattre (sauf : 1. nématicides polluants et souvent peu efficaces, en passe d’être interdits (à juste titre !) ; 2. interculture de plusieurs années – projet sur lequel travaille aussi l’INRA). La piste OGM est mise en oeuvre (je me répète) à comprendre les mécanismes NATURELS de défense d’une plante pérenne à une infection virale. Les retombées de ces recherches seraient même susceptibles d’être positives pour la viticulture biologique (qui comme vous le savez fait de la défense naturelle des plantes un de ses piliers).

    Par ailleurs, tout le monde est d’accord pour que des législations soient mises en place concernant les OGM (il en existe déjà, mais elles sont sûrement perfectibles, et toute loi doit évoluer sous peine de devenir « lettre morte »). Pour cela (je me répète encore) sur quelles bases doit-on élaborer ces lois ? Deux extrêmes : se baser sur les données fournies par les lobbies (à part ces derniers, personne, vous et moi compris, ne souhaite bien sûr cette solution) ; ou alors interdire purement et simplement les OGM (position du village d’Astérix intenable dans le contexte mondial – ou alors il faudrait aussi interdire les téléphones portables, la culture du tabac…). C’est pourquoi je maintiens que l’INRA et d’autres organismes publics ont un rôle crucial à jouer pour « éclairer » les pouvoirs publics. Ce n’est parce que beaucoup émettent des doutes sur l’intégrité des chercheurs que l’INRA, parmi d’autres, est exonéré de ce rôle. Si ce n’est les organismes publics, alors QUI ?

    Vous avez raison, le DOUTE systématique est un bonne chose, dans la démarche scientifique comme dans beaucoup de domaines. Par contre le SOUPCON systématique ne devient-il pas stérile s’il ne s’accompagne pas de propositions de solutions ? sans parler l’inclination paranoïde souvent sous-jacente…

    Comparer l’essai vigne à des événements comme l’amiante, la grippe A, etc. me semble relever, excusez-moi François, de l’amalgame pur et simple. Toutes ces affaires, très disparates, sont le résultat de facteurs économiques (recherche forcenée de rendement et de marchés…) et politiques (griserie du pouvoir, compromission avec industriels…). Les facteurs purement scientifiques y ont joué un rôle relativement mineur, voire nul (référendum). D’ailleurs, d’où sait-on, par ex., que l’amiante est toxique, si ce n’est par la recherche ?

    Enfin, au risque de vous décevoir François, je ne me reconnais nullement dans le portrait (caricature ?) que vous esquissez de moi (scientisme, confiance aveugle, déni de réalité, mépris du « petit peuple »…).

    Pour information :

    Bonne nuit
    Marcel

  13. Pecqueur dit :

    Cher Marcel,

    j’adhere en tous point à la logique de votre argumentaire.
    On sait néanmoins que la logique est aussi une formule de réthorique qui mene parfois à des conclusions ne résistant pas à l’examen des raccourcis et impasses la composant.
    En l’occurrence, le serpent se mord la queue si vous stigmatiser l’opposition des anti-ogm à des études de l’inra, en balayant d’un revers de main les soupçons sur son indépendance, à savoir non seulement les liens visibles (et surtout invisibles) entre firmes et chercheurs, mais aussi la confiance aveugle dans la toute puissance du génie humain à pouvoir jouer aux apprentis sorciers au nom d’un progrès dont nous avons trop d’exemples récent des limites et dégats hypothéquant l’avenir:. dégats collatéraux mineurs, me direz-vous. J’y vois personnellement une invitation à réfléchir, à déserter les chemins des extrêmes, et à revenir à la raison sans pour autant renoncer à l’audace, l’audace n’ayant jamais rimé avec aveuglement.
    Savez-vous cher Marcel, vous qui accordez votre confiance au corps scientifique avec enthousiasme, qu’une loi datant de 2 ou 3 ans fait obligation à tous scientifique s’exprimant de manière publique ( c-a-d à au moins 2 personnes), de faire état de leurs rapports avec des firmes. Si vous le saviez, saviez-vous aussi que très bizarement, cette loi dument votée, n’a jamais eu de décret d’application et n’est donc de fait pas appliquée! Engorgement de l’activité parlementaire me répondrez-vous sans doute. Peut-être? Mais au nom d’une rigueur que vous revendiquer, irez-vous jusqu’à balayer aussi l’hypothèse qu’un tel décret, limitant objectivement la marge de manoeuvre des vilains lobby, aurait pu être retardée ou bloquée? J’en conviens, ce doute présente tous les caractéristique d’une paranoia doublée d’une perversion de la pensée.
    Quant à l’idée d’un chercheur « vendu » s’attirant les foudres de sa profession, j’ai bien peur que la réalité ne soit exactement inverse, à savoir que la confiance aveugle ou la négligence de l’hypothèse de dangerosité ne soit la norme, et que c’est plutôt celui qui tire la sonnette d’alarme qui est « blacklisté », et plus précisement mis au placard ou viré .
    Sur l’exemple précis des essais vigne, votre impatience à les voir débuter vous fait oublier que, d’une manière générale, lorsque des causes produisent les même effets, la sagesse exige que plutôt de re-essayer encore une fois , on réfléchit, on repart sur des bases réduisant les risques de renouveler les mêmes erreurs. ( C’est idiot comme raisonnement , ça?)
    Est-ce la caractéristique de notre époque de ne pas prendre ce temps sur des sujets aussi importants? Je n’ai pour ma part pas eu vent de grand débat national ou international contradictoires sur ce sujet.
    Le petit peuple est idiot penseront certains, il ne faut donc surtout pas lui demander son avis. L’idiot n’aime pourtant pas que l’on le prenne pour un imbécile, surtout quand cela devient répétitif (cf traité de Lisbonne) Il retire alors sa confiance, et seul le sot ne comprend pas pourquoi.
    Il y a parfois beaucoup plus de sagesse dans le refus du simple que dans l’assurance de l’expert.
    Pour finir, cher Marcel, je dirais vous êtes un membre très représentatif de cette catégorie de gens dont les victimes de l’amiante, de essais nucléaires, de la vache folle, de la grippe A, du sang contaminé, du referendum piétiné et plus généralement par les citoyens légitimement inquiets pensent:  » Que leur faut-il de plus pour qu’il commencent à se poser des questions, »
    Mais la victime collatérale est aveuglée de hargne et revencharde, tout le monde le sait…

    Bien à vous

    François Pecqueur
    Marseille

  14. Marcel dit :

    Réponse à Pecqeur.

    Désolé de vous émouvoir… Pour ma part je suis ému, ou plutôt sidéré, par cette contradiction des opposants aux OGM : refus de la plantation ou de la commercialisation d’OGM TANT QUE les études sur leur comportement dans la nature n’ont pas été conduites, ET refus que l’INRA ou d’autres organismes publics procèdent à ces mêmes études. De plus, on demande à la loi de règlementer les OGM (ce qui est déjà le cas), voire de les interdire : mais sur quelles bases scientifiques construire une telle législation si les instituts publics ne peuvent pas travailler ou sont systématiquement soupçonnées de collusion avec les « firmes » ? Je répète donc (et sans naïveté aucune) : est-ce aux multinationales de faire ces études ???

    Partenariat public-privé n’est pas synonyme de complicité, compromission ou agenouillement devant les lobbies. Je ne parle certes pas du secteur pharmaceutique, que je ne connais guère et qui brasse effectivement des sommes colossales. Je parle de l’INRA, car des chercheurs de l’INRA comptent parmi mes amis. Ils ont le sens de leur mission publique et scientifique et de leur déontologie. De plus, ils sont jugés pour leurs publications scientifiques essentiellement et il est clair qu’un chercheur qui manipulerait ses résultats pour plaire à un industriel serait vite repéré et traité comme il se doit (vous allez encore me traiter de rêveur, mais de nouveau à tort).

    Enfin, pour en revenir à l’essai vigne de l’INRA, il n’est pas destiné à produire des plants transgéniques, mais bien à comprendre les mécanismes de réponse de la vigne à l’infection virale. Je crois savoir qu’il n’y a aucune boîte privée impliquée. D’ailleurs, il n’y a pas de « boîte semencière » dans la filière viticole. Un viticulteur français ne peut planter que des clones « agréés » (conservés à l’ENTAV, établissement PUBLIC) et que la qualité sanitaire (virus, etc.) des plants produits par les multiplicateurs est vérifiée par des organismes publics et para-publics (Viniflhor, Protection des Végétaux, Interprofession, etc.).

  15. Blair Bryant dit :

    Cher Marcel,je suis toujours emu par la confiance aveugle, celle concernant le scientisme en particulier. Decidément, chacun voit midi a sa porte! Avez-vous eu vent d’un doute persistant planant sur l’independance de la recherche publique? Avez-vous entendu Roselyne vanter le role primordial du partenariat public/privé dans la recherche pharmaceutique? Avez-vous eu connaissance de l’avis surprenant des instances europeennes et nationales reconnaissant la légéreté des procedures d’evaluation des risques et la nécessité de reconsidérer ces procédures? Aujourd’hui, il suffirait donc de prononcer le mot « public»  pour balayer toute suspicion sur les intentions interessées des lobby? Connaissez-vous le ombre de lobbyistes ayant pignon sur à Bruxelles?Pour aborder des sujets sérieux, il convient a minima de pas nier des réalités reconnues par ceux qui défendent les OGM par exemple.On peut en effet alors legitimement parler de fantasmes, en l’occurence celui d’une alliance sacrée des industries et de leur lobby avec les politiques , tous unis pour le bien commun, pour la lutte contre la famine, la paix dans le monde, la justice et tous ces délires de « partageux» Et si, au passage, cela leur procure des profits faramineux, cela doit etre considéré comme un « benefice collateral»  et non comme un but, ce qui serait objectivement tres laid.Les reveurs ne sont peut-etre pas on l’on croit, cher Marcel.
    +1

  16. Pecqueur dit :

    Cher Marcel,
    je suis toujours emu par la confiance aveugle, celle concernant le scientisme en particulier. Decidément, chacun voit midi a sa porte! Avez-vous eu vent d’un doute persistant planant sur l’independance de la recherche publique? Avez-vous entendu Roselyne vanter le role primordial du partenariat public/privé dans la recherche pharmaceutique? Avez-vous eu connaissance de l’avis surprenant des instances europeennes et nationales reconnaissant la légéreté des procedures d’evaluation des risques et la nécessité de reconsidérer ces procédures? Aujourd’hui, il suffirait donc de prononcer le mot « public » pour balayer toute suspicion sur les intentions interessées des lobby? Connaissez-vous le ombre de lobbyistes ayant pignon sur à Bruxelles?
    Pour aborder des sujets sérieux, il convient a minima de pas nier des réalités reconnues par ceux qui défendent les OGM par exemple.
    On peut en effet alors legitimement parler de fantasmes, en l’occurence celui d’une alliance sacrée des industries et de leur lobby avec les politiques , tous unis pour le bien commun, pour la lutte contre la famine, la paix dans le monde, la justice et tous ces délires de « partageux »
    Et si, au passage, cela leur procure des profits faramineux, cela doit etre considéré comme un « benefice collateral » et non comme un but, ce qui serait objectivement tres laid.
    Les reveurs ne sont peut-etre pas on l’on croit, cher Marcel.

  17. Marcel dit :

    A Jeans

    1. INRA = financé par le Ministère de la Recherche et celui de l’Agriculture + subventions de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) et Communauté Européenne, + contrats ponctuels avec les filières agricoles.
    2. Je parlais de la maladie du court-noué de la vigne, dans le cadre duquel les OGM vigne sont utilisés. Quels moyens de lutter contre cette maladie, sinon des produits de désinfection du sol (ex. aldicarbe), très polluants et en passe d’être interdits ?

  18. Jeans dit :

    A Marcel
    1° -INRA , organisme indépendant : financé par qui ?
    2° – Il est bien connu maintenant que pour survivre, les OGM ont besoin de plus en plus de pesticides ( pardon : de produits de protection des végétaux )

  19. Marcel dit :

    A Pecqueur:

    Deux compléments/rectifications à vos assertions :
    1. L’INRA, ce n’est pas les « industriels », c’est la recherche PUBLIQUE. Vaut mieux que les recherches sur les OGM (mécanismes, risques, etc.) soient faites par un organisme indépendant et public, plutôt que par des multinationales, non ? D’ailleurs, renseignez-vous, les recherches autorisées par B. Le Maire ne sont PAS destinées à produire du raisin, ni du vin « transgénique », mais bien à étudier les mécanismes de la défense NATURELLE contre les virus, et les chercheurs estiment que ces recherches passent par l’emploi d’OGM. Tout le reste n’est que fantasme.
    2. Et si les OGM aboutissaient à réduire les pesticides justement ?

  20. Pecqueur dit :

    Indépendamment du principe de précaution et du débat légitime autour des OGM, il est plus que surprenant que les partisans des OGM ne sentent pas la tendance marquée et galopante de la méfiance et pour beaucoup, du rejet d’une alimentation sur-trafiquée et toxique. Au niveau de la stratégie commerciale, c’est une vision à tres courte vue, car il y aura tout simplement refus de la part des consommateurs. Certains industriels, plus avisés, ou tout simplement moins cons, l’on déjà intégré dans leur stratégie; le meilleur exemple étant le n°1 du lait allemand, qui, unilatéralement et à la surprise de beaucoup, a décidé il y a plus d’un an de ne commercialiser QUE du lait bio. Le cas du vin est de plus très symbolique: l’info commence à bien circuler sur la concentration dangereuse d’intrants chimiques dans les vins que nous buvons: l’introduction d’OGM pourrait être la goutte qui fait déborder le fut.
    Les industriels font un très mauvais choix strategique qu’ils regretteront très rapidement. La France, pays du pinard, avait une carte autrement plus maline à jouer autour de la qualité . Allez, tant pis, de toute facon on a tendance à boire trop de vin: on fera comme avec la viande: on a prendra beaucoup moins, mais que du bon!

  21. Marcel dit :

    Et bien tant pis pour vous !!!

  22. Jeans dit :

    Dès maintenant, les vins d’Alsace n’entreront plus dans ma cave. Pas d’autre commentaire.

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