Une méga centrale solaire en… Meurthe-et-Moselle

Publié par le 2/03/10 dans la catégorie Energie. Surveiller les réactions RSS 2.0. Les réactions sont closes.

C’est un projet de 434 millions d’euros que porte aujourd’hui la filiale énergies renouvelables d’EDF en Meurthe-et-Moselle. Elle envisage la construction d’une méga centrale solaire de 143 mégawatts à Toul, un site pourtant peu connu pour son ensoleillement.

L’opportunité de disposer à moindre coût d’un site de 522 hectares a fait pencher la balance en faveur de la Meurthe-et-Moselle. EDF EN a choisi de s’implanter sur l’ancienne base aérienne désaffectée depuis maintenant 6 ans. La filiale d’EDF envisage d’y construire tout simplement d’ici à 2012, le premier champ de panneaux photovoltaïques au monde, en y investissant pas moins de 434 millions d’euros.

« Nous n'aurions jamais pu envisager ce projet sans la modularité des tarifs », souligne Pâris Mouratoglou, le président d'EDF Énergies nouvelles, pour expliquer le choix surprenant de Toul-Rosières. Depuis l'arrêté tarifaire publié en janvier dernier, la donne a en effet évolué en matière de tarifs de rachat par EDF de l’électricité issue de l’énergie photovoltaïque.

Tarifs modulables selon l’ensoleillement

Désormais, pour les centrales au sol, les tarifs sont modulables en fonction de l'ensoleillement de la région. Ce qui offre bien entendu des opportunités nouvelles en la matière, pour des régions moins exposées comme la Lorraine. « Cela ne compense que 50 % de la perte d'ensoleillement » affirme Pâris Mouratoglou. Selon le patron d’EDF EN, lorsque l’ensoleillement baisse de 10 %, le tarif augmente ainsi de seulement 5 %.  Avec un principe de vase communiquant entre EDF EN et sa maison mère.

Le porteur du projet devrait déposer sa demande de permis de construire avant l'été prochain pour un début  du chantier, qui passera au préalable par une dépollution et un désamiantage, à l'automne 2011. EDF EN vise une mise en service d'une première tranche en 2012.

C’est une belle revanche pour Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille et à la Solidarité, et élue de Meurthe-et-Moselle. Il y a seulement un mois, le département perdait tout espoir d’accueillir l'américain First Solar et son usine de panneaux photovoltaïques aux 400 emplois.

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14 réactions pour “Une méga centrale solaire en… Meurthe-et-Moselle”

  1. Lecabaneur dit :

    Bonjour a vous tous. je suis allé lire qq article sur le sujet et cette fois j’ai dépassé le titre.

    http://www.lefigaro.fr/societes/2010/03/01/04015-20100301ARTFIG00012-edf-investit-dans-une-centrale-solaire-geante-a-toul-.php
    donne une bonne base pour comprendre les problèmes que pose ce genre de projet mégalo en pleine élection régional.

    moi, ce qui me dérange le plus, c’est la taille de l’investissement et vers qui iront ses profits. EDF ou filiale d’EDF, c’est toujours des euro publics? n’est-ce pas… et c’est nos factures qui payeront au final.

    ici: http://tecsol.blogs.com/mon_weblog/2010/03/la-m%C3%A9ga-centrale-photovolta%C3%AFque-de-toul-fait-pol%C3%A9mique-pour-le-synaip.html
    on questionne l’intérêt d’une installation aussi grande, vs une multitude d’installations plus petites. ce qui apporte un peu aux débats

  2. Chérel Paul dit :

    J’avais initié ce petit débat par une question apparemment anodine qui voulait mettre en lumière un investissement affolant pour un retour sur investissement ridicule. Merci à ceux qui ont bien voulu éclairer la question par des chiffres qui parlent d’eux-mêmes et même au passage montrer combien les interventions étatiques, subventions, autres aides, propagande, etc. sont anti-économiques et servent finalement à ce que certains s’en mettent plein les poches au détriment évidemment du consommateur et du pauvre contribuable . Mais en fait, je m’aperçois que j’ai ouvert la boîte de Pandore et le photovoltaïque s’est éloigné au profit d’un débat général sur les énergies dites renouvelables opposées aux énergies obtenues à partir de matières fossiles. Bravo donc à tous ceux qui ont bien voulu s’exprimer sur cette question épineuse y compris à ceux dont les connaissances scientifiques semblent se limiter à ce qu’ils lisent ou écoutent à travers des médias ignares scientifiquement et très orientés politiquement. Pour revenir au photovoltaïque toutefois, je crois avoir appris que les Japonais mettaient au point des cellules beaucoup plus performantes que celles au silicium pour lesquelles l’Etat, encore lui, s’est investi corps et âme, avec notre argent. Paul Chérel

  3. Lesage dit :

    Désolé que la réalité vous irrite et qu’elle gratte vos préjugés. Je ne suis pas « pro nucléaire » et j’aimerais beaucoup que le vent, le soleil, l’eau et les autres énergies renouvelables suffisent à alimenter les besoins de l’humanité. Mais ça ne m’empêche pas d’éviter de rêver debout. Je réitère et je maintiens mes précédentes assertions parce qu’elles sont exactes et je ne veux froisser personne pour autant.

    Le cancer tue hélas beaucoup de personnes de par le monde, mais il n’y en pas plus dans les pays possédant des centrales nucléaires qu’ailleurs. en tout cas, aucune corrélation n’a jamais pu être faite. On meurt d’ailleurs beaucoup plus par pénurie d’énergie que parce qu’on possède des centrales nucléaires.

    Des ouvriers meurent d’avoir respirer trop de poussières dans toutes les mines du monde d’extraction de fer, de cuivre, d’or, manganèse, etc mais il n’en meurt pas plus sinon moins dans les mines d’uranium (les ouvriers sont davantage surveillés). La pechblende qui contient l’uranium naturel est très peu radioactif (autant que le granite). L’uranium extrait (le Yellow cake) est lui même peu radioactif.

    Vous avez raison de préciser que les centrales nucléaires ont été payées par les clients. C’est même le propre du commerce de payer pour un service surtout quand celui ci est très compétitif. Le cout de l’électricité nucléaire est le plus faible avec celui issu du charbon, mais je préfère le nucléaire en France au charbon.

    J’attache aussi beaucoup d’importance à la sureté nucléaire et c’est pour ca qu’il faut prendre des précautions. Un combustible nucléaire avant, pendant et après utilisation doit être traité avec toutes les précautions nécessaires mais ce ne doit pas une raison pour s’affoler. La loi de juin 2006 a prévu les étapes et les jalons à respecter pour gérer les déchets à partir de 2025. Il n’y a pas d’urgence. Le nucléaire aura beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients pour les peuples qui sauront l’utiliser à leur profit.

  4. Delalande dit :

    Ah bon les coûts de démantelement sont intégrés dans le prix du kmh ??? Vous vous fichez de moi ? On ne sait pas encore combien de temps va durer le démantelement, nous avons à peine commencer à le faire pour les plus anciennes et nous saurions combien il coûte ???? Ce n’est pas parce que vous êtes pro nucléaire qu’il faut raconter n’importe quoi. Quant à dire que le nucléaire n’a pas coûté un sou à l’Etat car ce serait des prêts remboursés, c’est comment dire tout aussi absurde. Les coûts des centrales sont découpés en morceau, depuis fort longtemps. Quoi qu’il est pu être prété a été payé par les clients de toute manière et les coûts de construction n’étaient pas inclus dans vos « prêts ». Quant à vos morts je ne sais où vous allez chercher qu’il y en a peu. Si vous prenez les morts directs, effectivement il y en a moins que le charbon (particulieèrement meurtrier, en particulier en Chine de toute manière, donc pas une référence en matière de sûreté !!!). Par contre ceux qui meurent de cancer dû à des doses de radiations trop importantes sur le long de la vie ici, ou à cause des particules en suspension dans les lieux d’extraction du minerais, il y en a beaucoup plus … De plus la sûreté nucléaire ne se mesure pas uniquement sur le passé et le présent, malheureusement, mais églement à long terme, voir très long terme avec les déchets …merci de ne pas nous prendre pour des ânes !!!

  5. Lesage dit :

    Delalande : tout est faux dans votre intervention du 10 mars :
    1) Le nucléaire n’a pas couté un sous à l’état (c’est à dire nous) car ce n’était pas des subventions mais des prêts qui ont été ou qui sont remboursés et le nucléaire est depuis une excellente affaire pour l’état (c’est à dire nous).
    2) Il n’y a aucun oubli « d’intégration de coûts » car malgré son faible prix de revient moins de 50€ / Mwh (un des plus bas du marché avec le charbon), tout est compris dedans, y compris le démantèlement et la gestion des déchets. A comparer avec les 360 €/Mwh vendu pour la centrale solaire et les presque 600€/Mwh rachetés au particuliers. Je rappelle que, en tarif normal, nous payons notre électricité environ 120 €/Mwh TTC à EDF.
    3) Sur le plan humain, c’est dans la filière nucléaire qu’il y a le moins de blessés et de morts par Kwh produit (mines compris) alors que le charbon tient la palme des morts dans les mines, surtout en Chine (plusieurs centaines de morts par an).

    Il ne faut pas laisser le mensonge seul se pavaner sur les forums.

  6. Yassine dit :

    @ lecabaneur : si vous aviez lu plus que le titre de l’article que vous mentionnez, vous auriez compris que les 1,3 M€ correspondent aux taxes locales payées par l’exploitant de la centrale aux diverses collectivités, et n’a donc strictement rien à voir avec un quelconque retour sur investissement de deniers publics.

    Les 434 M€ ont été investis par EDF EN, filliale d’EDF chargée du développement des ENR. Au niveau de la rentabilité, un calcul de coin de table permet d’éviter de dire n’importe quoi. La production annuelle sera d’environ 130 000 MWh et le tarif de rachat d’environ 360 € du MWh, ce qui nous donne un revenu annuel de 47 M€. De plus, l’investisseur contracte généralement un prêt ce qui donne, avec l’effet de levier, un rendement sur fonds propre pas dégueulasse.

  7. Delalande dit :

    Attention aux comparaisons avec le nucléaire. Nous savons combien il a été subventionné à ses débuts et continue à l’être indirectement par des « oublis » d’intégration de cou^ts pourtant importants et inéluctables : traitement des déchets, démantelements des ouvrages en fin de vie … sans compter les coûts de matières premières forts importants sur le plan humain (voir ce qui se passe dans certains pays africains) ou sur le plan économique (de plus en plus de demandes pour une offre moindre) .. donc vos 4 cts/kwh ne reflète pas la réalité .. Et la rentabilité n’est plus vraiment la même ainsi.

  8. Lecabaneur dit :

    Yassine: les 1.3M euro c’est dans le républicain lorrain: http://www.republicain-lorrain.fr/fr/article/2778799,79/Une-mega-centrale-solaire-sur-la-base-de-Toul-Rosieres.html . Si les 434Meuro ne sont pas des deniers publics, qui voudrait investir autant avec une aussi faible rentabilité? éclairez moi de vos lumières. Merci

  9. Yassine dit :

    @ lecabaneur : comment obtenez-vous le résultat de 1,3 M€ de gain pour la collectivité ? Autre chose : en aucun cas les 434 M€ d’investissement ne sont de l’argent public … Peut-être devriez-vous vous renseigner avant de dénigrer ce que vous comprenez pas

    @ Lesage : je suis d’accord avec vous sur l’exemple de l’Espagne, mais le système mis en place en Espagne avait des spécificités qui ont entrainé sa perte et les leçons de cet échec ont été tirées. Pour plus d’informations, je vous conseille la lecture du rapport Poignant (un député qui travaille ? oui, ça existe, mais on les voit pas à la télé). Les pages 64 à 68 sont consacrés à l’échec espagnol.

  10. Lecabaneur dit :

    Sur la faisabilité, PAUL, je fais ce simple calcul: 434M€ d’investissement, et potentiellement 1.3M€ de gain pour les collectivité. J’en déduit donc, une rentabilité atteinte dans 330 années. je m’interroge sur la pertinence d’un tel investissement? n’y aurait-il pas mieux à faire avec l’argent public.

  11. Lesage dit :

    Pour Yassine. Vous avez raison pour le mode de calcul, j’ai rajouté par erreur ce rendement de 12 % dont je ne me suis pas servi pour le calcul…dont le résultat est correct.

    D’accord avec le mécanisme d’incitation pour « amorcer la pompe » mais il doit être contrôlé et modéré. L’effet d’aubaine dont vous parlez peut-être ruineux. Le cas de l’Espagne qui a compris tardivement qu’elle allait se ruiner en subventions publiques dans les fermes solaires et qui a tout arrêté en catastrophe en 2009 (ou 2008) est symptomatique.

  12. Yassine dit :

    Réponse à lesage : dans votre calcul, le 12% n’a pas sa place. En effet, la puissance crête de l’installation (ici 143 MW) tient déjà compte du rendement des modules photovoltaïques. Il suffit donc de multiplier la puissance crête par le nombre d’heure d’ensoleillement équivalent pleine puissance pour obtenir l’énergie produite annuellement. Cependant, comme vous avez fait une erreur de virgule, cela compense quasiment la première erreur et l’ordre de grandeur que vous donnez pour la production est correct. En ce qui concerne la subvention du tarif de rachat par la CSPP, c’est une façon de promouvoir le développement de l’industrie photovoltaïque pour que sa taille augmente et que les économies d’échelle permettent par la suite de produire une énergie compétitive. D’ailleurs, le nouveau décret fixant les tarifs d’achat prévoit une dégressivité de ceux-ci à partir de 2012 avec pour objectif d’atteindre la parité réseau en 2020. Bien sûr, ce mode de financement a des inconvénients, car il crée des effets d’aubaine pour les investisseurs, mais c’est le seul qui a démontré son efficacité (cf par ex mécanisme de marché en GB, qui n’ont pas permis le développement du solaire).

  13. Lesage dit :

    Réponse à Paul: Environ 0,15 Twh / an ( 150 Gwh ou150.000 Mwh = 143 Mw x 900 h équivalent pleine puissance x 12%) de jour uniquement, soit environ 1% de la production annuelle d’une centrale nucléaire EPR ( 12Twh / an).
    ce qui est « amusant », c’est qu’EDF va être subventionné par nos taxes, dont la CSPP, pour produire de l’électricité fatale à 40 cts / kwh alors qu’elle sait en produire ( nucléaire) à moins de 4 cts / kwh… et qu’aprés le transport et les taxes les clients (nous) la paient 12 cts / kwh au tarif normal.

  14. Chérel Paul dit :

    Il serait intéressant de connaître combien de MegaWatt/heures par an l’EdF compte tirer de cet investissement de 434 millions d’euros. En tout cas, l’étude économique de faisabilité, s’il y en a une, doit poser quelques difficultés. Mais après tout, le consommateur n’est-il pas là pour payer ? Paul Chérel

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