EPR : ça balance pas mal pour Abou Dhabi

Publié par le 20/01/10 dans la catégorie Energie. Surveiller les réactions RSS 2.0. Les réactions sont closes.

L’échec de l’EPR à Abou Dhabi continue de faire des remous. Le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, accuse l’électricien français d’être responsable de l’échec de la vente des centrales nucléaires françaises aux Emirats Arabes Unis.

Les langues de délient depuis la victoire surprise du consortium sud-coréen à Abou Dhabi, pour la construction et l’exploitation de 4 réacteurs, pour un montant de 40 milliards de dollars. « Je pense que dans l'affaire d'Abou Dhabi, EDF n'a pas bien joué son rôle. C'est ma conviction », a affirmé Patrick Devedjian sur la chaîne Public Sénat.

Critique sur la situation du nucléaire en France, Patrick Devedjian a également déclaré « je ne suis pas satisfait par le fait qu'alors que la France a 58 réacteurs nucléaires, nous en avions récemment encore que 41 en service, ce qui contraignait le pays à importer de l'électricité ». Alors que le nouveau patron d’EDF est actuellement au centre d’une polémique sur sa rémunération, le ministre de la Relance  a affirmé son soutien à Henri Proglio « EDF va sans doute prendre une nouvelle voie avec Henri Proglio. Je suis heureux que la stratégie d'EDF soit revue ». Pierre Gadonneix appréciera.

Pas de balle dans le pied de l'EPR

Accusé d'avoir tiré une balle dans le pied de l'EPR français, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s'explique dans Le Figaro. Après avoir alerté il y a quelques semaines les pouvoirs publics et l'opinion publique sur les défaillances de sécurité de l'EPR, André-Claude Lacoste justifie ses positions et nie tout dénigrement du modèle français.

« Si sur un dossier comme l’EPR nous dérogeons à nos principes pour des considérations d’opportunité, ce serait extrêmement dommageable pour la sûreté. Je récuse totalement l’image d’avoir tiré une balle dans le pied du nucléaire français. J’imagine la réaction si nous n’avions pris position que plusieurs mois plus tard », affirme le patron de la sûreté nucléaire française.

Au lendemain de cet échec cuisant aux Emirats Arabes Unis, les mauvaises nouvelles se poursuivent concernant ce fameux réacteur de dernière génération. On apprend en effet dans Le Figaro que le chantier de l'EPR de Flamanville aurait déjà pris 2 ans de retard, ce qui devrait repousser d'autant la date initiale de mise en service prévue à l'origine en 2012.

De plus en plus cher

Par ailleurs sans surprise, à mesure que les retards s'accumulent sur le chantier du réacteur normand, la facture s'alourdit. Fixée à 3,3 milliards d'euros à la signature, la note de l'EPR de Flamanville s'élèverait désormais à 5 milliards d'euros.

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3 réactions pour “EPR : ça balance pas mal pour Abou Dhabi”

  1. JIM dit :

    Je ne conteste pas la nécessité pour l’ASN d’être indépendante et forte (au contraire !). A condition d’être aussi compétente. Mais de deux choses l’une. Soit le système de contrôle commande de l’EPR présente un vrai problème de sûreté et dans ce cas l’ASN aurait dû s’en apercevoir et le faire savoir bien plus tôt. Soit il n’y a pas de problème de sûreté sérieux mais simplement une appréciation et une tradition différentes de l’autorité de sûreté britannique et dans ce cas l’ASN n’aurait pas dû se mettre à sa traîne.

  2. Marc Durand dit :

    Il semble que l’ASN ait enfin osé d’assumer son rôle, au risque de devenir un empêcheur de tourner en rond… Mieux vaut tard que jamais après tout ! Après que cette information ait pu provoquer le doute dans les négociations avec Abou Dhabi, c’est possible mais c’est pas le problème de l’ASN !

  3. JIM dit :

    Je pense plutôt qu’en défendant la position de l’Autorité de sûreté dans cette affaire André-Claude Lacoste s’est tiré une balle dans son propre pied. L’ASN connaît le dossier de l’EPR depuis quinze ans, l’étudie assidûment depuis pres de dix ans. Sans trouver rien à redire au système de contrôle-commande jusqu’à ce que son homogue britannique soulève des questions à l’automne dernier. Faut-il en conclure que l’ASN a été incompétente dans cette affaire ? Et / ou qu’elle a voulu faire de la surenchère pour masquer ses propres manquements ? Ou faut-il voir dans son attitude une fuite en avant destinée à renforcer, quel qu’en soit le coût, son image de super-gendarme ?

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