Le BRGM, l’IFP et l’ADEME, trois acteurs publics fortement mobilisés pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, organisent leur troisième colloque international sur le captage et le stockage géologique du CO2, les 5 et 6 novembre 2009 à Paris.
L’énergie fournie par les combustibles fossiles a permis au monde industrialisé d’atteindre un niveau de vie élevé. Les pays en développement comptent également sur la disponibilité de l’énergie pour parvenir au même niveau de vie. La demande en énergie – encore fondée pour l’essentiel sur les énergies fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon) – devrait donc connaître une forte progression au cours des prochaines décennies, ce qui pourrait entraîner une augmentation inacceptable des émissions de gaz à effet de serre, dont principalement le CO2.
Ainsi, pour résoudre le problème des émissions de CO2 et lutter contre le réchauffement climatique, il faudrait simultanément : réduire notre consommation d’énergie ; réduire la teneur en carbone dans nos bouquets énergétiques ; et capter le CO2 au niveau des industries et le stocker dans des formations géologiques profondes.
50% à 85% d'émissions en moins par rapport à 2000
Le captage et le stockage du CO2 (CSC) pourraient contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 20% à 30% au niveau mondial d’ici 2050. Plusieurs initiatives visent actuellement à encourager un déploiement généralisé. Des projets pilotes ont été lancés dans le monde entier et plusieurs pays et organisations élaborent déjà des directives et des réglementations pour orienter le développement de cette technologie émergente.
Le quatrième rapport d'évaluation du GIEC indique en effet que d'ici 2050 le monde doit réduire de 50 % à 85 % ses émissions de CO2 par rapport aux niveaux de l’an 2000, si nous voulons limiter à environ 2°C l'augmentation de la température mondiale. En outre le GIEC souligne que si l’on continue comme aujourd’hui (scénario «business as usual») la température pourrait augmenter de 4 à 7 °C dans le monde.
Pendant deux jours, environ 500 participants (chercheurs, industriels, économistes, financiers et décideurs des services publics et privés) venus de quelques 25 pays se réuniront en quatre sessions plénières pour échanger sur les moyens d’accélérer le déploiement du CSC au niveau industriel.
















Business as usual:
Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS, remède miracle. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique. Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres.