La bande de glace qui reliait la plaque Wilkins au bord de la péninsule Antarctique s'est rompue samedi, un exemple concret du réchauffement climatique.
David Vaughan, du British Antarctic Survey, confie à l'agence Reuters que "la façon dont la glace s'est brisée est stupéfiante. Voici deux jours encore, elle était intacte". "Cela faisait longtemps que nous attendions de voir ça" ajoute-t-il.
D'après les images satellites, le pont de glace de 40km de long qui reliait la plaque au continent s'est brisé dans son point le plus étroit. Ce pont de glace était en place depuis depuis des siècles. Quant à la plateforme de Wilkins, elle couvrait 16.000 km² il y a quelques années mais a perdu depuis un tiers de sa superficie.
Au total, depuis une cinquantaine d'années, ce sont 25.000 km² de plaques de glace ont été perdues, et l'évolution des contours de l'Antarctique est un signe les plus spectaculaires du réchauffement climatique en cours. Depuis les années 50, les températures ont augmenté en moyenne de 0,5°Celsius.
L'Antarctique ne se refroidit pas, au contraire
"Ce qu'on entend tout le temps, c'est que l'Antarctique se refroidit, or ce n'est pas le cas", explique Eric Steig, de l'Université de l'Etat de Washington, à Seattle, auteur principal de l'étude, publiée en janvier dans la revue Nature. Un refroidissement en certains endroits comme le pôle Sud et l'extension de la banquise d'hiver autour du continent masquent une tendance globale au réchauffement sur un continent plus grand que les Etats-Unis, où la moyenne des températures annuelles oscille autour de -50°.
Pour rappel, les conséquences du réchauffement dans cette zone ne sont pas négligeables. En effet, si la totalité des glaces de l'Antarctique fondait; le niveau moyen des mers du monde monterait de 57 mètres et menacerait alors fortement de grandes métropoles côtières.















