Paris innove en proposant à une vingtaine de parisiens de participer à une conférence citoyenne. Cette initiative est destinée à élaborer des avis et recommandations sur la question sensible du danger des ondes électromagnétiques.
Entourée de Denis Baupin, adjoint chargé du développement durable, de l’environnement et du plan climat, d'Hamou Bouakkaz, chargé de la démocratie locale et de la vie associative, de Jean-Marie Le Guen, chargé de la santé publique et de l’AP-HP et de Jean-Louis Missika, chargé de l’innovation, de la recherche et des universités, Anne Hidalgo, première adjointe chargée de l’urbanisme et de l’architecture, a annoncé lundi le lancement des travaux de la conférence de citoyens consacrée aux ondes électro-magnétiques.
Nées au Danemark il y a une vingtaine d'années, les conférences de citoyens constituent un modèle de délibération du public. Selon le communiqué de la Ville de Paris, une vingtaine de Parisiens, volontaires, recrutés par un institut de sondage, recevront une formation durant deux ou trois week-ends. Sélectionnés pour représenter la plus grande diversité possible, ils ne devront pas avoir d’intérêt direct ou indirect avec les acteurs ayant un rôle dans le développement des technologies hertziennes à Paris.
Le comité d’organisation assurera la formation des citoyens en s’assurant de sa pertinence et de sa qualité scientifique ainsi que du caractère équilibré dans la présentation des différents points de vue. A l’issue de cette formation qui leur permettra de s’approprier au mieux le sujet, le panel auditionnera publiquement les experts et acteurs de son choix.
Avis et recommandations
Enfin, les citoyens rédigeront un texte comportant des avis et des recommandations. Ce texte peut comporter des parties consensuelles mais aussi faire état de points de divergence.
Le comité d’organisation est composé de cinq personnalités choisies pour leurs compétences dans les domaines essentiels pour mener à bien cette conférence : sciences et techniques, sociologie, santé, droit et débat public. Présidé par Georges Mercadal, ancien vice-président de la Commission nationale du Débat Public, ce comité comprend Philippe Aigrain, Marie-Angèle Hermitte, Edith Heurgon et Marcel Goldberg. Le comité d’organisation devra assurer la totale indépendance de la conférence citoyenne.
Entre avril et juin
Les travaux de la conférence se dérouleront entre avril et juin. Les vingt citoyens seront recrutés en mars. Leur formation se déroulera entre avril et juin. Elle traitera dans une première partie de thèmes généraux et portera ensuite sur les aspects les plus controversés. Fin juin, à l'Hôtel de ville, auront lieu l’audition publique des experts et acteurs du dossier puis la présentation des conclusions de la conférence.
Cette conférence citoyenne se penchera sur la question polémique du danger des ondes électromagnétiques sur la santé. Comme le rappelle la Ville de Paris, le développement des nouvelles technologies informatiques a contribué à la multiplication des ondes magnétiques surtout dans les villes à population dense. Ce phénomène est devenu un sujet d’inquiétudes.
Informations encore diffuses
La formation dressera l’état des connaissances et des controverses en matière d’impact sanitaire de ces technologies, en milieu professionnel, dans l’espace public et dans la sphère privée. Le comité d’organisation veillera à ce que les formateurs scientifiques convoqués à cet égard apportent des informations diversifiées, susceptibles d’éclairer les controverses en cours liées à une situation où le recul temporel et la faiblesse des signaux statistiques à ce jour conduisent à des éléments scientifiques encore peu stabilisés.
Des chercheurs en sciences humaines et sociales aborderont les aspects sociétaux, comportementaux et éthiques des technologies nouvelles et émergentes. Un éclairage sera fourni sur les aspects technico-économiques des marchés des technologies de l’information et des télécommunications aujourd’hui ainsi que des éléments de prospective, là encore de la manière la plus équilibrée possible.
Recherche de solutions
Une réflexion importante concernera la recherche de solutions visant à une cohabitation harmonieuse entre pratiques et choix individuels et préférences collectives, dans l’espace public.















