Helion, une PME au coeur de la filière hydrogène

helion.jpgRattachée depuis le 1er janvier 2007 à une nouvelle business unit du groupe Areva sur les énergies renouvelables qui regroupe trois activités (hydrogène/pile à combustible, biomasse, éolien), Hélion, créée en mars 2001 et localisée à Aix-en-Provence, est spécialisée dans la conception, le développement et la fabrication de systèmes à base de piles à combustible et d’électrolyseurs de type PEM (Proton Exchange Membrane).

Comptant une cinquantaine de personnes, cette PME vise principalement des marchés à forte valeur ajoutée tels que l’énergie stationnaire décentralisée, l’industrie navale et le transport urbain. Explications de son président directeur général, Patrick Bouchard. Propos recueillis par Jean-François Desessard.

BE France – Comment est née Hélion ?

Patrick Bouchard – A l’origine, nous cherchions à répondre à la question suivante : comment donner de l’autonomie à un véhicule sous-marin ? Ainsi, si l’on parvient à remplacer à bord d’un sous-marin conventionnel les batteries par un dispositif constitué de piles à combustible, il est alors possible de gagner un facteur significatif en termes d’autonomie quand ces engins sont en plongée. Aussi nous sommes-nous intéressés dès le début à la technologie spécifique des piles à combustibles hydrogène oxygène. Mais ce domaine ne représentant qu’un micro-marché, nous avons dû orienter très rapidement nos activités vers les secteurs du stationnaire et des transports. Dans ce dernier secteur, nous nous intéressons plus particulièrement à la problématique du transport urbain, du frêt et de la propreté des villes, des marchés qui nous semblent précurseurs du fait que leurs contraintes d’exploitation sont différentes de celles rencontrées par le secteur automobile.

BE France – Quelles sont vos priorités pour vous implanter rapidement sur ces marchés précurseurs que vous évoquez ?

Patrick Bouchard – Nous avons décidé d’axer nos efforts sur la production d’hydrogène, que ce soit en production massive ou en production décentralisée, en nous concentrant sur la partie conversion en électricité et pile à combustible, la technologie PEM étant la solution pour laquelle nous avons opté. En revanche, pour les domaines complémentaires que sont la distribution et le stockage, nous faisons appel à des partenaires. Nous n’avons pas les moyens en effet de couvrir l’ensemble de la filière. D’où nos partenariats avec des organismes publics de recherche tels que le CEA et le CNRS, une démarche qui nous permet d’avoir accès à un certain nombre de ruptures technologiques, et notre implication notamment dans le pôle de compétitivité Capenergies, sans oublier notre participation au Programme d’Action National pour l’Hydrogène et les piles à combustibles (PAN’H). Dans ce cadre, nous avons adopté une logique de plates-formes technologiques, au nombre de trois (1 à 8 KW, 5 à 20 KW, 60 KW), qui nous permettent de couvrir les marchés que vous visons.

BE France – Dans le domaine du stationnaire, quels sont les marchés qui intéressent Hélion ?

Patrick Bouchard – La permanence de la fourniture électrique est de plus en plus importante aujourd’hui, en particulier dans certains domaines, ceci notamment pour des raisons de sécurité. Aussi travaillons-nous sur les groupes de secours de moyenne puissance, c’est-à-dire la gamme des 10, 100 et 200 KW. D’autre part, nombreuses sont les zones insulaires ou les zones de croissance dans le monde qui, faute de réseau, nécessitent une électrification décentralisée. Qui plus est, ces zones géographiques sont souvent balayées par des vents forts et bénéficient d’un ensoleillement important. D’où les solutions développées par Hélion, d’électrification, reposant sur un couplage avec les énergies renouvelables intermittentes, mais également de production locale d’hydrogène par hydrolyse.

BE France numéro 209 (25/04/2008) – ADIT / ADIT
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54313.htm

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