La ministre de l'Ecologie et du développement durable, Nelly Olin, a présenté une communication relative à la gestion de la rareté de l'eau. Elle a fait le point sur la situation hydrologique et les actions lancées par le gouvernement pour remédier aux problèmes liés à la sécheresse.
La pluviométrie et la neige ont été assez abondantes en mars, en particulier sur certains secteurs jusque là peu arrosés. Le mois d'avril a en revanche été particulièrement chaud et sec. Seule une partie de la zone pyrénéenne a bénéficié d'une forte pluviométrie au cours de ce mois, ce qui a permis d'améliorer le remplissage des barrages et les débits des rivières. La situation reste aujourd'hui préoccupante sur la partie orientale des Pyrénées, le pourtour méditerranéen, le sud de l'Auvergne, la vallée du Rhône et le bassin parisien.
Des arrêtés cadres
Les préfets réunissent actuellement les comités départementaux sécheresse. Les arrêtés cadres qui fixent les seuils de déclenchement de mesures précises de limitation des prélèvements sont déjà pris dans 87 départements. Aujourd'hui, seuls trois départements du bassin parisien (l'Oise, la Seine et Marne et l'Essonne) ont pris des mesures d'économie d'eau significatives, le niveau de la nappe de Champigny restant particulièrement bas. Toutefois, la prolongation de températures élevées pourrait faire démarrer plus tôt qu'a l'accoutumé la période de forte demande en eau. Le déficit pluviométrique en avril sur le nord de la France a d'ores et déjà des impacts très négatifs sur certaines cultures.
Améliorer l'utilisation de l'eau disponible
Même moins inquiétante que les années précédentes, la situation rappelle qu'il n'est pas satisfaisant de recourir systématiquement à des mesures de restriction dans certains secteurs surexploités. En raison du changement climatique, les surfaces touchées par la sécheresse vont probablement s'étendre. La France sera moins exposée que certains pays mais il est néanmoins nécessaire d'adapter la gestion du risque de sécheresse en tenant compte de cette perspective, de se préparer à faire face à une ressource plus rare, et d'améliorer l'utilisation de l'eau disponible.
Un plan de gestion de la rareté de l'eau
Ce constat avait justifié le lancement lors du conseil des ministres du 26 octobre 2005 d'un plan de gestion de la rareté de l'eau, qui vise à restaurer l'équilibre entre l'offre et la demande en eau. La ministre de l'écologie et du développement durable a également soutenu une initiative politique européenne fin 2006 afin que les phénomènes de sécheresse soient aussi appréhendés au niveau européen.
La loi sur l'eau du 30 décembre 2006 a accéléré la mise en œuvre de ce plan, en donnant la priorité à l'eau potable sur les autres usages et en introduisant les économies d'eau dans les missions des agences de l'eau. Elle a créé plusieurs outils annoncés dans le plan, notamment les zones de sauvegarde quantitatives en amont des captages d'eau potable, une organisation collective des irrigants et un crédit d'impôt pour favoriser la récupération des eaux de pluie. L'arrêté instituant cette aide fiscale vient d'être publié. Il soutient les investissements des particuliers pour récupérer de l'eau de pluie pour des usages extérieurs, comme l'arrosage des jardins. Il sera complété d'ici quelques mois pour élargir les possibilités de déduction fiscale à des usages à l'intérieur des bâtiments de l'eau récupérée.















