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Erika : un désastre ornithologique

canards_.jpgA l’occasion du procès du naufrage de l’Erika, le tribunal correctionnel de Paris, a clos ses débats de lundi en entendant les responsables de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) décrire le désastre ornithologique provoqué par la marée noire. Le quotidien “Ouest-France” rappelle les faits.

Gilles Bentz, responsable de la station ornithologique de l’île Grande dans les Cotes d’Armor, était entendu à la barre. Il a expliqué que dès le lendemain du naufrage, une cellue de prise s’est immédiatement mise en place. “La catastrophe ornithologique et écologique était inéluctable. On se préparait au pire“. Et le pire a bien eu lieu.

Gilles Bentz affirme n’avoir jamais dû faire face à une telle quantité d’oiseaux “stressés, intoxiqués, affaiblis“, victimes innocentes d’un fuel particulièrement poisseux. “Cet hydrocarbure présente une forte viscosité et une très forte odeur. Il était très collant au plumage. C’était très difficile de laver les oiseaux“.

Une perte irrémédiable

8 000 bénévoles sont alors enrolés sur toute la côte atlantique alors que les dégâts continuent. Le fuel de l’Erika aura même raison d’une espèce qui a depuis disparu des côtes : l’eider à duvet. “En 2000, il n’y avait plus de reproduction de l’espèce. C’est une perte irrémédiable“.

Le bilan de la LPO est donc sans appel : sur les 77 000 oiseaux retrouvés mazoutés, 42 000 étaient déjà morts, et seuls 2 139 des survivants ont pu être sauvés. Elle a alors donné une estimation économique de la catastrophe à la Cour. La LPO évalue le préjudice à 8 millions d’euros. “Ce sera une indemnité morale“.