Villefranche sur Mer, Saint Jean Cap Ferrat, Roquebrune Cap Martin, autant de communes de la Côte d'Azur qui évoquent luxe et beauté... mais aussi littoral pollué.
Depuis des années, la zone côtière située entre Nice et Menton se contente de rejeter ses eaux usées au moyen de longues canalisations qui débouchent au large de Cap-Ferrat et Cap-Martin. Une situation jusqu'à présent tolérée car la qualité de l'eau de baignade ne donnait pas de signe d'inquiétude, selon la Direction départementale de l'action sanitaire et sociale (DDASS).
Des fuites inquiétantes en 2003
Mais en octobre 2003, d'importantes fuites, entre 20 et 40 m de profondeur, ont été décelées sur la conduite du Cap Ferrat. Avec retard, ces fuites ont été réparées, mais elles ont souligné le manque de concertation et de sérieux dans ce domaine entre les communes concernées, qui n'ont jamais réussi à trouver une solution d'assainissement cohérente sur cette région du littoral.
"Les eaux usées, c'est sous la terre, ça ne se voit pas et une station d'épuration non plus. Pendant des années, les maires ont préféré bâtir du visible, du brillant pour faire bien sur le bilan et on en arrive à cette situation !", dénonce Jean-Raymond Vinciguerra, conseiller général Verts des Alpes-Maritimes. "Une station d'épuration, tout le monde en parle, mais chez le voisin. A force d'attendre, il ne reste plus aucun terrain disponible sur la zone", constate Marc Lafaurie, chargé de l'environnement à la communauté d'agglomération Nice-Côte d'Azur.
Les choses évoluent enfin
Depuis, pressée par l'Union européenne, la France a récemment haussé le ton. Roquebrune Cap-Martin vient ainsi d'annoncer la construction d'une station d'épuration pour 2011. Par ailleurs, il a décidé de raccorder la canalisation du Cap-Ferrat au réseau d'épuration de l'agglomération niçoise, moyennant un chantier long et complexe et un coût de 30 à 35 millions d'euros.
Pour l'heure, les eaux usées non traitées s'écouleront via un nouvel émissaire dont la pose a démarré il y a quelques semaines. "Il eut été de loin préférable de bâtir de petites structures le long de la côte plutôt que de tout concentrer à Nice. Evidemment le prix du foncier est tel que les communes n'ont fait aucune réserve. C'est le résultat de plusieurs décennies d'urbanisation laxiste", estime Jean-Raymond Vinciguerra.
Si rien n'est encore définitivement réglé sur l'ensemble du littoral concerné, on commence vraiment à s'intéresser à la question. Il reste à espérer que l'ensemble des communes de cette zone côtière puisse trouver une solution d'assainissement digne de ce nom.















