Alors que les cultures intensives sous serres de fruits et légumes sont le principal moteur de l'activité économique de la région d'Alméria, en Andalousie, ces derniers sont l'objet d'une rumeur qui leur donne mauvaise réputation.
La région d'Alméria, est réputée être le plus grand verger du monde. Or, fin 2006, des résidus d'un pesticide interdit, l'isophenphos méthyl, ont été découverts sur les piments exportés vers l'Allemagne. Puis, en janvier, ce sont le Royaume-Uni, la Hongrie et la Finlande qui ont également retrouvé des traces d'isophenphos méthyl sur des piments provenant de cette même région d'Espagne. Les pays cités ont alors porté plainte à Bruxelles. En février, ce sont les autorités néerlandaise qui portent un nouveau coup à la région, en détectant sur des tomates, des concombres ou encore des aubergines, des résidus d'un autre pesticide interdit.
Toute une région touchée
Juan Carlos Pérez, membre de Coexphal, principale association de coopératives hortifruticoles d'Alméria, constate que "même si cela ne concerne qu'une minorité d'exploitants, le mal touche tout le secteur et menace une région toute entière". Ainsi, depuis le début de la crise, la production de piment a chuté de 15% et sa commercialisation de 30%. Les autorités andalouses ont pourtant réagi rapidement et sévèrement puisque 25 sociétés exportatrices de piments ont été suspendues et condamnées à 125 000 euros d'amendes, ainsi que 40 exploitations.
Une mauvaise circulation de l'information
Les producteurs quant à eux remettent en cause la mauvaise circulation de l'information concernant les nouvelles normes en matière de pesticides. Les exploitants revendiquent le fait que certains d'entre eux sont autorisés en Andalousie et interdit en Allemange ou aux Pays-Bas. De plus, depuis 1997, le nombres de pesticides autorisés est passé de 200 à 20, et personne ne s'y retrouve vraiment.
De nouvelles mesures
Cependant, il faut rapidement redorer le blason de la production hortifruticole andalouse. Pour se faire, il est prévu un renforcement du "contrôle intégré", c'est à dire la mise en place d'inspections, aux critères harmonisés dans les exploitations de la région. On évoque également la suspension de l'utilisation des pesticides et la mise en place du contrôle biologique. Il s'agit d'implanter des petits insectes chargés d'en détruire d'autres, fléau pour les cultures. Ainsi, depuis le début de l'année, de nombreux agriculteurs viennent étudier les techniques du contrôle biologique dans la région d'Alméria. Les surafces ainsi traitées devraient donc passer de 1000 à 6000 hectares en 2008. De quoi se refaire une réputation ?















