De 1949 à 1982, des sites d’immersion de déchets radioactifs furent discrètement utilisés par plusieurs pays, dont la France, afin de se débarrasser de quelque 140 000 tonnes de résidus hautement toxiques, généralement sous la forme de barils en acier et de blocs de béton ou de ciment amalgamés avec les déchets. Depuis, la pratique a été interdite. Mais une interrogation demeure : que sont devenus ces dépôts sous-marins ?
La durée de vie des substances immergées étant de 12 000 à 24 000 ans, il est important de s’intéresser à la question. Selon Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) « les plus gros dégâts ont déjà été faits. Sur le papier, les blocs de béton devaient être immergés dans des fosses, avant d'être naturellement recouverts par les sédiments. »
Concernant les dépôts situés le plus au large, à plus de 4 000 mètres de profondeur, Roland Desbordes ne voit pas « comment les containers auraient pu résister à la pression et ne pas imploser lors de leur descente, libérant toute leur radioactivité. »
Deux sites dans le golfe de Gascogne et un dans la Manche, à moins de 30 km de Cherbourg, se trouvent près des côtes, dans des eaux moins profondes. Sur le site proche de Cherbourg, utilisé notamment par la Grande-Bretagne, « on pouvait voir les bateaux larguer des fûts de 200 litres de déchets dès la sortie du port, et sur tout le trajet vers la fosse ! », raconte Yannick Rousselet, chargé de la campagne nucléaire de Greenpeace.
Ces poubelles sous-marines représentent-elles un danger aujourd’hui ? « Difficile à déterminer sans connaître la nature précise des éléments immergés, leur solvabilité et bien d'autres facteurs », regrette Roland Desbordes. Et sur le sujet, « la France n'a pas vraiment expliqué ce qu'elle a fait à cette époque, contrairement à la Belgique, la Hollande et la Belgique », précise Yannick Rousselet.















