La Commission européenne a proposé mercredi de nouvelles normes pour les carburants qui devraient limiter le rôle que jouent ces derniers dans la pollution atmosphérique et le changement climatique, et permettront notamment de faire davantage appel aux biocarburants.
Les normes proposées n'auront pas pour seul effet de rendre les carburants plus propres, elles permettront également l'apparition de véhicules et d'équipements moins polluants.
Parmi les principales mesures prévues, afin d'encourager le développement de carburants à faible teneur en carbone ainsi que des biocarburants, les fournisseurs de carburants vont devoir réduire de 10% les émissions de gaz à effet de serre générées par la production, le transport et l'utilisation de leurs produits entre 2011 et 2020.
La réduction des émissions ainsi obtenue représentera 500 millions de tonnes de dioxyde de carbone en 2020, soit l'équivalent des émissions globales cumulées de l'Espagne et de la Suède aujourd'hui.
Un nouveau mélange d'essence contenant davantage de biocarburant éthanol sera mis au point, et la teneur en soufre des carburants diesel et du gazole sera divisée par cinq dès la fin 2008 afin de limiter les émissions de particules de poussières, qui sont dangereuses. A la même date, la teneur maximale autorisée en hydrocarbures aromatiques plycycliques ( HAP), autres substances dangereuses, serait réduite d'un tiers.
L'opposition allemande
Stavros Dimas et une bonne partie de la Commission européenne veulent une législation contraignante imposant à toutes les voitures, quelles que soient leur taille et leur motorisation, de ne pas produire plus de 120 g de CO2 par kilomètre parcouru en 2012, contre plus de 160 maintenant.
Les associations européenne (ACEA), japonaise (JAMA) et sud-coréenne (KAMA) des constructeurs s'étaient engagés à respecter une telle norme mais les progrès sont de plus en plus lents et ils ne veulent pas de contrainte juridique.
Au niveau européen, c'est Angela Merkel qui est montée au créneau mardi pour défendre cette approche par laquelle rien ne serait imposé à l'industrie automobile, tout en demandant différentes normes selon la taille des voitures, les modèles allemands étant souvent puissants. "Les projets de la Commission sont inacceptables", a renchéri mercredi Michael Glos, le ministre de l'Economie, en estimant qu'on ne peut pas "nourrir un éléphant ou une souris avec la même quantité de nourriture".
Le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, s'est montré vague, parlant de la "recherche d'un consensus"."Il y a des aspects environnementaux, il y a des aspects de compétitivité, il y a des aspects sociaux", a-t-il dit.
Mais la porte-parole de Dimas a insisté sur la fermeté des défenseurs de l'environnement au sein de la Commission."Si quelqu'un espère que nous ne serons pas ambitieux sur la réduction des émissions polluantes, il sera profondément déçu quand la proposition sera présentée", a-t-elle expliqué.















